La BCE veut accélérer les cessions des créances douteuses-sources

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    * Italie-ratio créances pourries triple de la moyenne zone 
euro 
    * La BCE presse les banques de vendre ces créances 
    * Fixer des délais serait un moyen d'accélérer le mouvement 
 
    par Valentina Za et Stefano Bernabei 
    MILAN, 5 avril (Reuters) - Les banques italiennes pensent 
que la Banque centrale européenne (BCE) fixera tôt ou tard des 
délais à certaines d'entre elles pour qu'elles se défassent de 
leurs créances douteuses, ont déclaré mardi deux sources 
bancaires. 
    D'autres sources ont fait savoir que le gouverneur de la 
Banque d'Italie Ignacio Visco, le ministre de l'Economie Pier 
Carlo Padoan et des responsables de l'établissement public Cassa 
Depositi i Prestiti (CDP) ont eu une réunion à ce sujet avec les 
administrateurs délégués d'UniCredit  CRDI.MI , Federico 
Ghizzoni, et d'Intesa Sanpaolo  ISP.MI , Carlo Messina.  
    Ces sources ont dit à Reuters que Rome et la Banque d'Italie 
réfléchissaient au moyen d'aider les banques à vendre ces 
créances, avec le concours de la CDP et d'autres, afin de 
limiter les répercussions de ces cessions sur leur capital. 
    Trois années de récession ont abouti à un encours de 
créances douteuses représentant 360 milliards d'euros, soit 18% 
du total des prêts bancaires, alors que la moyenne de la zone 
euro euro est de 6%. 
    Aux cours actuels du marché, la cession de ces créances ne 
peut se faire qu'à perte mais si les banques les conservent dans 
leur bilan, leur capacité de prêter s'en trouve altérée alors 
que les entreprises ont bien besoin de se financer pour 
alimenter une reprise économique qui reste fragile. 
    Depuis 17 mois qu'elle assure la supervision des banques de 
la zone euro, la BCE a accentué la pression sur les banques 
italiennes pour qu'elles assainisent leur bilan. 
    Les sources bancaires estiment que la BCE pourrait mettre 
les bouchées doubles dans certains cas particuliers, comme ce 
fut le cas avant qu'elle ne donne un feu vert de principe à la 
fusion entre Banco Popolare  BAPO.MI  et Banca Popolare di 
Milano  PMII.MI  annoncée le mois dernier.   
     
    UNE "ANOMALIE" 
    Les deux banques comptent réduire leur encours brut de 
créances douteuses de 10 milliards d'euros d'ici 2019, trois ans 
après la réalisation projetée de leur fusion. La BCE avait 
rejeté leur projet de départ, qui prévoyait d'arriver à ce 
résultat en l'espace de cinq ans, ont dit les sources. 
    Le dirigeant d'une banque italienne estime que la BCE agira 
de même avec d'autres établissements et de toute façon, 
estime-t-on dans le milieu bancaire, les banques n'ont guère 
d'autre choix que de se plier aux exigences de la banque 
centrale. 
    "Tôt ou tard, la BCE prendra sans doute des mesures 
officielles; elle pourrait exiger un plan de cession des 
créances douteuses", a dit le banquier. 
    La BCE s'est refusé à tout commentaire. 
    Un autre banquier évoque lui aussi l'hypothèse de prochains 
délais parce que l'institut d'émission estime que pour une bonne 
part ces créances douteuses sont une "anomalie". 
    Un système judiciaire engorgé en est l'une des raisons: il 
faut en moyenne plus de sept ans pour boucler une procédure de 
faillite. 
    Cela étant, le marché de la dette pourrie commence à 
s'élaguer timidement: Banca Popolare di Bari compte vendre 800 
millions d'euros de créances douteuses grâce à l'appui d'une 
garantie de l'Etat et Popolare dell'Emilia Romagna  EMII.MI  
veut faire de même à hauteur de 900 millions d'euros. 
    "Il est évident que la férule de la BCE explique cette 
accélération: inspections sur place et examens externes exigent 
des banques qu'elles prouvent (...) qu'elles s'attaquent au 
problème", explique Claudio d'Auria, un associé du consultant 
Moderari et transfuge de la Banque d'Italie. 
    Les créances douteuses brutes de Monte dei Paschi di Siena 
 BMPS.MI  se montent à 47 milliards d'euros, soit 40% du total 
des crédits. Cette banque avait dégagé les plus mauvais 
résultats de l'examen de santé pratiqué par la BCE en 2014. Le 
montant brut de créances douteuses le plus élevé est celui 
d'UniCredit  CRDI.MI , de 80 milliards d'euros, soit 17% du 
total.         
     
 
 (Avec Paola Arosio et Gianluca Semeraro, Wilfrid Exbrayat pour 
le service français, édité par) 
 

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