La BCE tente de rapprocher les positions sur un "QE2"

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    * Les marchés s'attendent à de nouvelles mesures le 3 
décembre 
    * Pas encore d'accord sur les modalités du nouveau plan 
    * Un taux de dépôt à deux niveaux évoqué 
 
    par John O'Donnell et Frank Siebelt 
    FRANCFORT, 25 novembre (Reuters) - Les dirigeants des 
banques centrales de la zone euro envisagent différentes options 
avant la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la 
Banque centrale européenne (BCE), parmi lesquelles une ponction 
progressive sur les liquidités déposées par les banques et 
l'amplification du programme d'achats de titres en cours, a-t-on 
appris de plusieurs sources.  
    A huit jours de cette réunion très attendue, les 
possibilités encore à l'étude incluent entre autres l'extension 
des achats aux obligations émises par les régions et les 
municipalités et la mise en place d'un taux de dépôt à deux 
niveaux. ID:nL8N1364V2  
    Plusieurs responsables, qui ont requis l'anonymat, ont 
rapporté que les débats lors des réunions préparatoires avaient 
porté aussi sur le rachat de portefeuilles de prêts bancaires 
titrisés, plus risqués, même si une telle mesure semble très peu 
probable à ce stade. 
    La BCE s'est refusée à tout commentaire.  
    "Ils tentent toujours de déterminer ce qu'il y aura dans le 
plan. Beaucoup de gens ont des opinions différentes", a dit un 
responsable informé de l'évolution des discussions, précisant 
que le président de la BCE, Mario Draghi, était en désaccord 
avec les représentants allemands.  
    "Certains disent qu'il faut surprendre les marchés. Mais on 
ne peut pas jouer indéfiniment sur l'effet de surprise: un jour 
ou l'autre, on finit par décevoir", a ajouté ce responsable.  
     
    "IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE" 
    Trois quarts des professionnels des marchés financiers 
interrogés il y a quelques jours par Reuters ont jugé probable 
une amplification du programme d'assouplissement quantitatif 
(QE) de la BCE à l'issue du conseil des gouverneurs du 3 
décembre face à la faiblesse de la croissance et de l'inflation 
dans la zone euro.  ID:nL8N13B2Z4  
    "Nous sommes en déflation, donc il faut faire quelque 
chose", a dit une autre source.  
    Reste que les divisions persistantes au sein du conseil 
compliquent l'élaboration d'un plan d'action cohérent et 
convaincant au cours des réunions préparatoires de cette semaine 
à Francfort.  
    Des annonces jugées décevantes le 3 décembre risqueraient de 
déstabiliser les marchés.  
    Le président de la BCE, Mario Draghi, a clairement laissé 
entendre ces dernières semaines qu'il était prêt, si nécessaire, 
à amplifier le QE, qui porte pour l'instant sur 60 milliards 
d'euros par mois et doit s'achever en septembre 2016, ainsi qu'à 
réduire le taux de la facilité de dépôt, fixé pour l'instant à 
-0,2% et qui revient à faire payer les banques lorsqu'elles 
déposent des liquidités auprès de la banque centrale. 
    Pour amortir l'impact d'une baisse du taux de dépôt, 
celui-ci pourrait varier en fonction du montant des liquidités 
déposées.  
     
    À DRAGHI DE TROUVER UN COMPROMIS 
    "Cela pourrait être conjugué à un plafonnement, afin qu'à 
partir d'un certain stade, la liquidité ne puisse être déposée 
au jour le jour qu'à un taux plus élevé", a dit un responsable. 
"La question d'une baisse du taux de dépôt en décembre et ses 
modalités restent en discussion." 
    Enfoncer un peu plus le taux de dépôt en territoire négatif 
risquerait de pénaliser particulièrement les banques allemandes 
et françaises, principales utilisatrices de la facilité de 
dépôt.  
    Au total, les dépôts des banques auprès de la BCE 
représentent environ 170 milliards d'euros.  
    Une autre des possibilités débattues consisterait à acheter 
des prêts bancaires, malgré le fait que cela implique un risque 
de non-remboursement.  
    Une source proche du dossier a expliqué que ces prêts 
pourraient être regroupés avec des prêts plus sûrs. "On pourrait 
acheter des portefeuilles de prêts non-performants combinés à 
des prêts de qualité", a dit la source, avant d'ajouter: "si on 
en arrive là, c'est que la situation est très mauvaise." 
    Une telle proposition ne manquerait pas toutefois de se 
heurter aux réticences allemandes puisque la représentante de 
Berlin au directoire de la BCE, Sabine Lautenschläger, a encore 
critiqué lundi l'idée même d'une amplification du QE.  
    Mario Draghi doit donc trouver, au sein de la vingtaine 
d'options à sa disposition, un compromis acceptable pour la 
majorité des 19 banques centrales de la zone euro, de 
l'Allemagne à la Grèce. Et bien sûr, une majorité qui soit la 
plus large possible.  
    "La BCE ne parle pas d'une seule voix et cela nuit à sa 
crédibilité", souligne Sylvester Eijffinger, de l'université 
néerlandaise de Tibourg. 
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraeten) 
 
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