La BCE sur le point de rouvrir ses guichets aux banques grecques

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    FRANCFORT, 22 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) devrait rouvrir dans la journée l'accès des banques 
grecques à ses opérations habituelles de refinancement, ce qui 
leur permettrait de se passer des liquidités d'urgence dont 
elles dépendent depuis plus d'un an. 
    Cette décision constituerait l'une des premières 
conséquences concrètes de l'adoption par Athènes de nouvelles 
réformes, qui ont déjà permis le versement par le Mécanisme 
européen de stabilité (MES) d'une enveloppe de 7,5 milliards 
d'euros d'aides financières.  
    Les banques grecques n'ont plus accès aux opérations 
habituelles de refinancement de la BCE depuis le début de l'an 
dernier, une décision prise alors que leur pays semblait jouer 
son avenir au sein de la zone euro.  
    Depuis, le gouvernement d'Alexis Tsipras a négocié avec les 
créanciers du pays un nouvel accord d'aide financière en échange 
de réformes supplémentaires portant entre autres sur les 
retraites et les privatisations. 
    La Grèce étant notée en catégorie spéculative ("junk") par 
les principales agences de crédit, la BCE avait auparavant fait 
bénéficier son secteur bancaire d'une exemption à ses propres 
règles, celles-ci lui interdisant d'accepter des titres mal 
notés en garantie en échange de la fourniture de liquidités. 
    Le Conseil des gouverneurs réuni ce mercredi pourrait 
rétablir cette exemption, ont dit des sources à Reuters.  
     
    64,8 MILLIARDS D'EUROS DE LIQUIDITÉS D'URGENCE 
    Lors de son audition par une commission du Parlement 
européen mardi, le président de la banque centrale, Mario 
Draghi, a déclaré que la Grèce avait accompli des progrès 
importants mais que cela nécessiterait de nouvelles 
délibérations et une étude de la soutenabilité de la dette.  
    "Le rétablissement par la BCE de l'exemption pour les actifs 
grecs pourrait bénéficier aux principales banques grecques en 
terme de revenu net d'intérêt à hauteur, au maximum, de 80 
millions d'euros - environ 60 millions après impôt - en fonction 
de l'éligibilité des actifs grecs et du niveau de décote 
imposé", estime le courtier grec Euroxx.  
    "De notre point de vue, ce sera essentiel pour la réduction 
des coûts de financement des banques grecques qui, avec 
l'assouplissement progressif du contrôle des capitaux, devrait 
contribuer au retour des dépôts dans le système, qui est 
capital", a-t-il ajouté.  
    L'exemption de la BCE ne résoudrait pas pour autant la 
totalité des problèmes des banques grecques: celles-ci ne 
disposent que de montants limités d'actifs éligibles comme 
garantie auprès de la BCE et ne pourront pas réduire fortement 
leur recours à la "fourniture de liquidité d'urgence" (ELA) de 
la BCE, sollicitée à hauteur de 64,8 milliards d'euros au total. 
    Si la BCE ne publie pas de données précises sur les 
modalités de l'ELA, on estime que le taux d'intérêt moyen de 
celle-ci est supérieur de 100 à 150 points de base au taux de 
refinancement de la banque centrale, actuellement nul.  
     
 
 (Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
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