La BCE superviseur unique, étape importante mais pas suffisante

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LA SUPERVISION DES BANQUES PAR LA BCE, ÉTAPE IMPORTANTE MAIS PAS SUFFISANTE
LA SUPERVISION DES BANQUES PAR LA BCE, ÉTAPE IMPORTANTE MAIS PAS SUFFISANTE

FRANCFORT (Reuters) - Faire de la BCE le superviseur unique des grandes banques de la zone euro constitue une étape importante du processus visant à les rendre plus résistantes aux chocs financiers mais il faudra aller au-delà pour juguler les crises elles-mêmes, a déclaré vendredi le vice-président de la Banque centrale européenne, Vitor Constancio.

La situation financière s'est un peu apaisée depuis que la BCE a pris l'engagement, en juillet, de faire le nécessaire pour préserver l'euro mais les choses pourraient changer si les Etats n'allaient pas au bout de leurs réformes, a-t-il dit, en présentant le rapport semestriel de la BCE sur la stabilité financière.

La zone euro est exposée à deux autres risques, a-t-il ajouté: celui d'une dégradation de la situation financière des banques et celui de nouvelles tensions sur leur financement, le marché monétaire et celui de la dette n'ayant pas encore renoué avec un fonctionnement normal.

Même si les besoins de refinancement des banques seront l'an prochain moins élevés que cette année, le secteur reste soumis à la pression de financements délicats et à la nécessité de renforcer leurs fonds propres, conformément aux règles plus strictes édictées par le Comité de Bâle.

Mais ce nouveau corpus, baptisé Bâle III, n'entrera pas en vigueur en 2013, comme il était prévu à l'origine, donnant aux banques plus de temps pour s'y préparer.

"La mise en place ne se fera pas en 2013 parce qu'il y des retards dans la définition finale du ratio de liquidité", a expliqué Vitor Constancio.

LE FDIC AMÉRICAIN COMME MODÈLE ?

L'accord sur l'union bancaire conclure à Bruxelles cette semaine prévoit parallèlement qu'au moins 150 des principales banques de la zone euro seront directement supervisées par la BCE. Cette dernière pourra en outre intervenir au moindre signe de graves difficultés chez les autres établissements, un nombre excessif de l'avis de Jens Weidmann, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

"Je ne suis pas convaincu que le Conseil des gouverneurs de la BCE soit l'instance idéale pour décider de la fermeture d'une banque", a-t-il dit.

Pour Vitor Constancio, "ces 150 banques représentent 85% du total des actifs de la zone euro (...) ce qui, de mon point de vue, est plus que suffisant".

Quant au projet de créer un mécanisme européen de liquidation des banques devenues ingérables, deuxième pilier d'une future union bancaire européenne, Vitor Constancio a estimé qu'il devrait s'inspirer du Fonds de garantie des dépôts américain (FDIC).

"Il ne s'agit pas de créer un fonds européen richement doté qu'on emploierait aux fins de liquidation", a-t-il expliqué. "On peut prendre l'exemple des Etats-Unis, où le FDIC remplit également cette fonction".

Le FDIC a assuré la gestion de plus de 400 banques en situation difficile depuis 2008 sans recourir à l'argent du contribuable, a observé Vitor Constancio, ajoutant que le mécanisme de liquidation ne devait pas servir à renflouer les banques, cette responsabilité revenant aux Etats.

Eva Kuehnen et Paul Carrel; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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