La BCE se dit "prête à agir" sur les taux si nécessaire

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LA BCE EST "PRÊTE À AGIR"
LA BCE EST "PRÊTE À AGIR"

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) anticipe une reprise économique progressive dans la zone euro dans le courant de l'année, mais elle continuera de suivre de près tous les indicateurs et se tient prête à baisser les taux si cela s'avère nécessaire, a déclaré jeudi Mario Draghi, président de la BCE.

Lors d'une conférence tenue après la décision de l'institution de Francfort de laisser son taux directeur à 0,75% - niveau le plus élevé des grandes banques centrales internationales - Mario Draghi a déclaré qu'un consensus s'était dégagé du conseil de politique monétaire pour ne pas considérer à ce stade le loyer de l'argent.

Mais il a ajouté que la BCE était "prête à agir" en raison des incertitudes pesant sur les perspectives de reprise de l'économie de la zone euro.

"Dans les semaines à venir, nous suivrons de très près toutes les informations ayant trait aux évolutions économiques et monétaires, afin d'en évaluer l'impact sur les perspectives en matière de stabilité des prix", a déclaré Mario Draghi.

Jean-Claude Trichet, son prédécesseur à la tête de la BCE, avait pris l'habitude d'utiliser toute une série d'expressions codées pour laisser entrevoir l'orientation future de la politique monétaire.

L'une de ces expressions était "suivre de très près", même si, en général, lorsque Jean-Claude Trichet l'utilisait, c'était plutôt pour signaler une prochaine hausse des taux.

Les obligations souveraines allemandes et les contrats sur taux d'intérêt de la zone euro ont accentué leur progression après les déclarations de Mario Draghi qui, selon les intervenants de marché, préparent le terrain à une baisse des taux au cours des mois à venir.

"En un mot, une baisse des taux ou une nouvelle mesure non-conventionnelle ne sont pas à exclure en mai", a souligné Annalisa Piazza, analyste chez Newedge Strategy

LA FAIBLESSE ÉCONOMIQUE S'EST POURSUIVIE

"La faiblesse de l'activité économique s'est poursuivie depuis le début de l'année, une reprise progressive est projetée pour la seconde moitié de l'année, avec toutefois des risques baissiers", a déclaré Mario Draghi.

Les derniers indicateurs macro-économiques donnent raison au président de la BCE : l'activité dans le secteur des services s'est encore contractée dans la zone euro en mars, notamment en France.

Même si les taux de la BCE sont à un plus bas historique et que l'institut d'émission tient prêt un programme pour venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté, il a moins fait pour soutenir l'économie que la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon.

Cette dernière a surpris les acteurs du marché en annonçant une refonte de sa politique monétaire, dont l'objectif prioritaire sera désormais l'augmentation de la masse monétaire et plus le taux d'intérêt au jour le jour, ce qui la conduira entre autres à acheter massivement des emprunts d'Etat.

Le Japon veut sortir d'un phénomène de déflation qui l'handicape depuis deux décennies et la BoJ s'est déjà dotée d'un objectif d'inflation de 2%. L'intention affichée et les premières mesures prises pour y parvenir ont fait chuter le yen depuis le début de l'année.

Bon nombre de pays, notamment émergents, se sont plaints de politiques monétaires provoquant une baisse des monnaies. La BCE échappe largement à une telle accusation, même si un euro fort n'est pas dans l'intérêt d'une région engluée dans la récession.

"Notre taux de change n'est pas un objectif de politique monétaire. Notre taux de change est important pour la croissance et la stabilité des prix", a dit Mario Draghi.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a déclaré que le Japon ne pouvait compte seulement sur les seules mesures de sa banque centrale pour relancer l'économie, ajoutant que le pays devait mettre en oeuvre des mesures structurelles.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • M9860483 le jeudi 4 avr 2013 à 18:18

    Le Japon subit 20 années de déflation et de taux quasi nulL'arme monétaire ne sera utile qu'à la marge peut être pour une embellie de 24 heurs au mieux des marchés (et encore il se peut que ceux-ci se disent que c'est un signe que ça va vraiment mal!), c'est donc l'échéancier et la nature des réformes de structure qui importe, mais là encore on sous-estime la gravité de la situation en espérant une reprise qui de toute façon s'annonce micro-cosmique de l'ampleur de l'erreur statistique.

  • j.clocha le jeudi 4 avr 2013 à 17:56

    si necessaire mais ce n'est pas nécessaire car tot va bien : l'euro est surévalué car toutes les autres monnaies sont manipulées, l'inflation frole la deflation, la croissance est morte et le chomage explose...il est urgent de ne rien faire !

  • DanVhv le jeudi 4 avr 2013 à 17:14

    ...comme d'hab... tjr les mêmes déclarations, mais un attentisme consternant alors que tous les signaux sont au rouge vif depuis des mois... bref, l'incompétence habituelle de cette kyrielle de fonctionnaires surpayés n'ayant plus aucun sens des réalités des citoyens...

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