La BCE reverra sa politique en mars face aux nouveaux risques

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    * Les taux d'intérêt restent inchangés pour l'instant 
    * Draghi promet un réexamen de la politique monétaire en 
mars 
    * Les risques ont augmenté depuis décembre, dit-il 
    * L'euro se replie et les Bourses montent 
 
 (Actualisé avec conférence de presse, commentaire et réactions 
des marchés) 
    par Francesco Canepa et John O'Donnell 
    FRANCFORT, 21 janvier (Reuters) - Les turbulences sur les 
marchés financiers et les inquiétudes suscitées par les pays 
émergents, Chine en tête, conduiront la Banque centrale 
européenne (BCE) à revoir sa politique monétaire en mars, a 
annoncé jeudi son président Mario Draghi, alimentant l'espoir de 
nouvelles mesures de soutien dans moins de deux mois. 
    L'euro a cédé du terrain face au dollar et les Bourses du 
Vieux Continent ont accentué leur progression après cette 
promesse, faite au cours d'une conférence de presse tenue après 
la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, qui avait 
auparavant laissé ses taux directeurs inchangés.  
    La monnaie unique se traitait à 1,0840 dollar  EUR=  vers 
14h50 GMT contre plus de 1,09 dollar en matinée. Au même moment, 
l'indice CAC 40 de la Bourse de Paris, qui a céé plus de 10% en 
moins de trois semaines, regagnait 0,53%  .FCHI  et l'EuroStoxx 
50  .STOXX50E  0,75%.  
    Mario Draghi a également assuré que les taux devraient 
rester "à leurs niveaux actuels ou à des niveaux inférieurs 
pendant une période prolongée". 
    "Au commencement de la nouvelle année, les risques baissiers 
se sont encore accrus dans un contexte d'incertitude renforcée 
sur les perspectives de croissance des économies émergentes, sur 
la volatilité des marchés financiers et de matières premières et 
sur les risques géopolitiques", a-t-il expliqué. 
    "Il sera par conséquent nécessaire de revoir et 
éventuellement de reconsidérer l'orientation de notre politique 
monétaire lors de notre prochaine réunion, début mars lorsque de 
nouvelles projections par les équipes macroéconomiques seront 
disponibles." 
    Ces propos ont renforcé les anticipations par les marchés de 
mesures supplémentaires de soutien à l'issue de la prochaine 
réunion de politique monétaire, le 10 mars. 
    De nombreux analystes s'attendaient jusqu'à présent à une 
nouvelle réduction de 10 points de base du taux de dépôt, 
actuellement fixé à -0,30%, mais pas avant la réunion de juin.  
    En décembre, la BCE avait abaissé son taux de dépôt, 
pénalisant un peu plus les banques qui choisissent de déposer 
leurs liquidités auprès la banque centrale, et elle avait 
prolongé jusqu'en mars 2017 son programme d'achats de titres 
(principalement des emprunts d'Etat) sur les marchés.  
    "M. Draghi a clairement ouvert la porte à des initiatives 
dès la prochaine réunion en mars. Il a employé un ton préoccupé 
à propos de l'évolution de la situation mondiale et de son 
impact sur une inflation déjà anémique", a commenté Joe Manimbo, 
analyste senior de Western Union Business Solutions.  
     
    CONFIANCE AFFICHÉE SUR LES BANQUES 
    Défendant ces décisions, qui ont déçu les investisseurs, 
Mario Draghi a déclaré jeudi qu'elles étaient alors "tout à fait 
appropriées et efficaces", rappelant que la situation avait 
beaucoup évolué depuis, le prix du pétrole ayant chuté de 40% en 
un mois et demi.  
    Les prévisions économiques de décembre étaient fondées sur 
l'hypothèse d'un cours moyen du baril de 52,20 dollars cette 
année mais le Brent se traite actuellement sous les 28 dollars 
 LCOc1  et sur les marchés à terme, même les contrats d'échéance 
2022  LCOZ2  s'échangent sous 50 dollars, signe qu'un rebond est 
jugé peu probable. 
    Mario Draghi a noté que la faiblesse des prix de l'énergie 
n'avait pas que des effets néfastes et qu'elle devrait soutenir 
la consommation et l'investissement.  
    La banque centrale est en fait confrontée à un dilemme: 
alors que la croissance reste limitée, la faiblesse des prix de 
l'énergie a commencé à se répercuter sur ceux des biens et des 
services, éloignant un peu plus l'inflation de l'objectif 
qu'elle s'est fixé, à savoir un taux inférieur à mais proche de 
2%, au risque de compromettre la crédibilité de son action.  
    Mario Draghi a reconnu jeudi que les taux d'inflation 
devraient rester "très bas voire négatifs dans les prochains 
mois". 
    En dépit des turbulences des dernières semaines sur les 
marchés financiers, liées en grande partie au ralentissement de 
la croissance chinoise, il s'est montré relativement confiant 
dans la solidité des banques de la zone euro.  
    "Jusqu'à présent, nous avons observé qu'elles restaient 
assez résistantes", a-t-il dit. "Nous n'avons pas observé de 
risque d'instabilité comparable à celui que nous avions observé 
pendant la période précédant la crise." 
    Les cours des banques des pays dont les secteurs bancaires 
sont jugés les plus exposés aux créances douteuses souffrent 
d'un regain de défiance des investisseurs, provoqué par 
l'initiative de la BCE de demander à certains établissements des 
précisions sur leurs créances douteuses.  
    Ce mouvement a notamment affecté les valeurs bancaires 
italiennes, dont l'indice de référence  .FTIT8300  a chuté de 
24% depuis le début du mois. Il reprenait toutefois près de 5% 
jeudi après-midi.  
 
 (avec Balazs Koranyi et Frank Siebelt; Marc Angrand pour le 
service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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