La BCE retirera peu à peu le billet de 500 euros-sources

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    * Principale piste: arrêter l'impression en 2018 
    * L'échange se ferait sans limite de temps 
    * Décision attendue début mai 
 
    par Frank Siebelt, Balazs Koranyi et Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 15 avril (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) cessera sans doute d'imprimer le billet de 500 
euros, en raison de son usage par le  grand banditisme et le 
terrorisme, mais cela ne se fera que progressivement du fait de 
la résistance opposée par l'Allemagne, ont déclaré plusieurs 
sources proches du dossier. 
    Le président Mario Draghi avait évoqué des "changements" à 
ce sujet en février, d'où l'on avait déduit que le billet serait 
purement et simplement retiré de la circulation. 
    L'Allemagne en avait fait des gorges chaudes car les grosses 
coupures y sont très employées, comme moyen de paiement et 
d'épargne, amenant la BCE à choisir une approche progressive. 
    Des sources bancaires ont dit à Reuters que plusieurs pistes 
avaient été examinées et que la plus probable serait l'arrêt de 
l'impression et de la distribution en distributeurs automatiques 
et en agences bancaires en 2018. 
    Les déposants pourraient échanger leurs billets sans limite 
de temps, comme l'avait fait la Bundesbank en 2002 à l'occasion 
du remplacement du deutschemark par l'euro. 
    Une décision sera sans doute prise début mai, lors d'une 
réunion du Conseil des gouverneurs qui n'aura pas pour objet la 
politique monétaire. 
    La BCE s'est refusé à tout commentaire. 
    L'Allemagne avait mis tout son poids dans la création de la 
coupure de 500 euros, censée se rapprocher de la valeur de 
l'ancien billet de 1.000 mark et attestant surtout de la 
préférence qu'ont les Allemands pour l'argent liquide. 
    Le billet de 500 euros vaut plus de cinq fois le billet 
américain de 100 dollars et a été surnommé le "Ben Laden" pour 
son financement supposé du terrorisme et pour la difficulté 
qu'il y a d'en trouver. 
    Le 500 euros constituait près du tiers des 1.000 milliards 
d'euros de billets en circulation l'an passé, montrent des 
données de la BCE, dont un rapport de 2011 montrait toutefois 
que 56% des citoyens de l'Union européenne (UE) n'en avaient 
jamais vus.  
    La raison en est que ce billet se thésaurise plus qu'il ne 
sert de moyen de paiement. 
    Il n'existe aucune donnée officielle sur l'usage du billet 
de 500 euros par le grand banditisme. Pourtant, dans un rapport 
de 2015, Europol estimait qu'il fallait cesser d'imprimer ce 
billet à moins de pouvoir prouver son usage légitime. 
    "Tant qu'il existe des témoignages crédibles d'usage 
illicite du billet de 500, la BCE a le devoir moral de réagir", 
a dit l'une des sources. 
    D'autres mettent en avant la valeur de bas-de-laine de la 
coupure de 500 euros, surtout lorsque les dépôts bancaires ne 
sont pas rémunérés, lorsque des banques sont en difficulté et 
que les marchés financiers sont troublés. 
    Ils font enfin valoir que les paiements électroniques sont 
beaucoup moins discrets que ceux réalisés en argent liquide.   
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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