La BCE reste silencieuse sur l'évolution de sa politique

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    * Les taux restent inchangés, le QE n'est pas modifié 
    * Le Conseil n'a pas débattu du QE, dit Draghi 
    * Le marché table sur décembre pour une prolongation des 
achats d'actifs 
    * L'euro en baisse à moins de 1,0950 dollar 
 
 (Actualisé après la conférence de presse de Draghi) 
    par Francesco Canepa et Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 20 octobre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) a, sans surprise, laissé ses taux d'intérêt 
inchangés jeudi et son président, Mario Draghi, a déclaré 
qu'elle était déterminée à poursuivre ses achats de titres sur 
les marchés pour soutenir la croissance et l'inflation. 
    Mais la traditionnelle conférence de presse qui suit les 
réunions de politique monétaire n'a fourni que peu d'indices aux 
investisseurs sur les mesures que l'institution pourrait adopter 
le mois prochain en vue de l'échéance actuelle de son programme 
d'achats d'actifs, Mario Draghi se contentant de dire que la BCE 
avait "fait le point" sur les travaux techniques menés par ses 
équipes sur les différentes options envisageables. 
    Il a ajouté que les responsables de la BCE n'avaient débattu 
ni d'un arrêt du programme d'"assouplissement quantitatif" (QE) 
ni de sa prolongation. 
    "Il est parfois (...) plus important de dire de quoi nous 
n'avons pas parlé: nous n'avons pas parlé de 'tapering', ni de 
l'échéance prévue de notre programme d'achats d'actifs", a-t-il 
dit, employant le terme anglais utilisé pour évoquer un 
ralentissement progressif d'un programme de politique monétaire. 
    Constatant que l'économie de la zone euro poursuivait une 
reprise "modérée mais régulière", Mario Draghi a estimé que la 
politique actuelle était plus efficace qu'espéré initialement 
par la BCE et il a rejeté les arguments selon lesquels les taux 
d'intérêt négatifs auraient des effets contre-productifs. 
    "La conclusion a été qu'ils ne freinent pas la transmission 
de notre politique monétaire. En d'autres termes, les taux bas 
fonctionnent", a-t-il déclaré.  
     
    L'EURO REPART À LA BAISSE 
    Comme l'avaient anticipé la quasi-totalité des économistes 
interrogés par Reuters, le taux de refinancement de la BCE reste 
fixé à zéro et le taux de facilité de dépôt, devenu de fait son 
principal taux directeur, reste à -0,40%.  
    Interrogé sur leur évolution possible, Mario Draghi a 
réaffirmé qu'ils resteraient "à leurs niveaux actuels ou à des 
niveaux plus bas sur une période prolongée, et bien au-delà de 
l'horizon fixé pour nos achats nets d'actifs". 
    L'euro s'est dans un premier temps apprécié face au dollar 
en réaction à ces déclarations, montant jusqu'à 1,1040, mais il 
est vite reparti à la baisse, tombant brièvement à 1,0938 dollar 
 EUR= , son plus bas niveau depuis fin juin. 
    Les Bourses de la zone euro étaient quant à elles 
hésitantes: vers 13h50 GMT, l'indice large Stoxx 600  .STOXX  
était inchangé et le CAC 40  .FCHI  de la Bourse de Paris 
gagnait 0,26% après un passage dans le rouge.  
    La monnaie unique et les rendements obligataires dans la 
zone euro ont fluctué ces dernières semaines au gré des 
spéculations sur l'évolution des taux et du QE de la BCE.  
    Celle-ci maintient pour l'instant un soutien sans précédent 
à la croissance et aux prix dans la zone euro en conjuguant des 
taux historiquement bas, des prêts sans intérêt aux banques et 
des achats d'obligations d'Etat et d'entreprise au rythme de 80 
milliards d'euros par mois.  
    Ces derniers sont pour l'instant censés s'achever en mars 
mais la banque centrale a toujours dit qu'elle les prolongerait 
si nécessaire jusqu'à ce qu'elle constate une remontée durable 
de l'inflation.  
     
    UN QE PROLONGÉ ET ASSOUPLI ATTENDU POUR DÉCEMBRE 
    Toute prolongation significative du QE impliquerait une 
modification des contraintes techniques qui menacent 
actuellement de tarir le "gisement" des obligations éligibles.  
    Ces changements techniques pourraient ainsi conduire la BCE 
à assouplir la règle qui l'empêche d'acheter des titres 
affichant un rendement inférieur à son taux de dépôt et celle 
qui l'oblige à répartir ses achats en fonction de la part de 
chaque pays de la zone euro dans son capital. 
    "Nous restons déterminés à préserver un degré très 
substantiel d'accommodation qui est nécessaire pour assurer une 
convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à 
mais proches de 2% à moyen terme", a dit Mario Draghi.  
    "Pour l'instant, nous disposons d'options", a-t-il ajouté à 
propos de l'avancement de la réflexion en vue des décisions 
attendues d'ici la fin de l'année. 
    Une large majorité des analystes interrogés par Reuters 
s'attendent à ce que la BCE annonce en décembre une prolongation 
de trois à six mois des achats d'actifs. 
    La BCE pourrait justifier cette extension par le fait que 
l'inflation, à 0,4% sur un an en septembre, reste insuffisante 
et qu'elle ne devrait pas atteindre avant deux ou trois ans le 
niveau d'un peu moins de 2% qu'elle s'est fixé comme objectif. 
    Mario Draghi a par ailleurs réitéré son appel aux 
gouvernements de la zone euro pour qu'ils assument leur part du 
soutien à la croissance, par le biais de la politique budgétaire 
et des réformes structurelles. 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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