La BCE quasi-certaine de prolonger et d'assouplir le QE-sources

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 (Actualisé avec précisions et contexte) 
    par Francesco Canepa et Frank Siebelt 
    FRANCFORT, 26 octobre (Reuters) - Il est désormais 
pratiquement acquis que la Banque centrale européenne (BCE) 
continuera d'acheter des obligations sur les marchés après le 
mois de mars et qu'elle assouplira les modalités de ces achats 
pour éviter une pénurie de titres, ont déclaré à Reuters 
plusieurs sources de banques centrales. 
    Le Conseil des gouverneurs devra se prononcer le 8 décembre 
sur une éventuelle prolongation du programme d'assouplissement 
quantitatif (quantitative easing, QE) dans le cadre duquel la 
BCE achète actuellement pour 80 milliards d'euros de titres par 
mois afin de soutenir le crédit et la croissance dans la zone 
euro. Ses membres disposeront alors de nouvelles prévisions de 
croissance et d'inflation. 
    Le Conseil n'a pas débattu de propositions précises lors de 
sa réunion de la semaine dernière et aucune proposition 
détaillée n'a été formulée. Mais des sources proches du dossier 
ont dit qu'il était pratiquement sûr que le QE continuerait sous 
une forme ou sous une autre au-delà de mars, l'échéance prévue 
initialement. 
    Une telle prolongation correspondrait aux propos tenus jeudi 
dernier par le président de l'institution, Mario Draghi, selon 
lesquels les responsables de la BCE sont "déterminés à 
conserver, dans la période à venir, l'orientation très 
accommodante de la politique monétaire".   
    La question du maintien ou non du montant mensuel de 80 
milliards d'euros d'achats n'a pas encore été tranchée et la 
réponse qui y sera apportée dépendra des données économiques 
disponibles, ont dit les sources. 
    Des statistiques récentes ont montré une remontée de 
l'inflation tandis que plusieurs indicateurs d'activité, comme 
les indices des directeurs d'achat de Markit ou l'indice Ifo du 
climat des affaires en Allemagne, suggéraient une amélioration 
de la conjoncture. 
    Mais la hausse des prix dans la zone euro est encore loin de 
l'objectif de la BCE d'un taux inférieur à mais proche de 2%, 
qu'elle ne devrait pas atteindre avant au moins deux ans. Dans 
ces conditions, ont dit les sources, même les membres les plus 
rigoristes du Conseil des gouverneurs ne sont pas prêts à 
arrêter les achats d'obligations en mars.  
     
    UNE BAISSE DES TAUX SEMBLE EXCLUE 
    La prolongation du QE impliquera que certaines des 
contraintes que s'est imposées la BCE dans sa mise en oeuvre 
devront être assouplies, ont souligné les sources.  
    La BCE pourrait entre autres renoncer à moduler ses achats 
en fonction des parts respectives des Etats de la zone euro à 
son capital, cette clé de répartition menaçant de créer de la 
pénurie pour certains émetteurs, dont l'Allemagne, où les 
obligations d'Etat d'échéance allant jusqu'à cinq ans affichent 
souvent des rendements inférieurs au taux de dépôt de la BCE, ce 
qui les exclut du QE. 
    Abandonner purement et simplement cette clé de répartition 
serait s'exposer à des reproches politiques et des recours 
juridiques mais une application moins stricte est envisageable 
sans prendre le risque de voir la BCE accusée de financer les 
Etats, ont dit les sources. 
    Elles ont noté que la banque centrale n'appliquait déjà plus 
strictement cette clé de répartition puisqu'elle a acheté ces 
derniers mois moins d'obligations portugaises et estoniennes que 
requis théoriquement, et plus de titres allemands.  
    Pour éviter une pénurie de "papier" allemand, la BCE 
pourrait aussi assouplir la règle du "plancher de rendement" qui 
l'empêche pour l'instant d'acquérir des titres dont le rendement 
est inférieur à son taux de dépôt, soit -0,4%. 
    Cette option aurait la faveur des plus "faucons" des membres 
du Conseil mais son impact économique est difficile à évaluer.  
    La BCE étudie également la possibilité d'acheter plus du 
tiers d'une émission obligataire donnée, ce qu'elle s'interdit 
pour l'instant sauf rares exceptions. 
    "On pourrait aboutir à une combinaison de mesures et la 
décision sera difficile", a dit l'une des sources. 
    Les responsables de la BCE sont pour l'instant restés muets 
sur les décisions envisagées, mais certains d'entre eux ont 
reconnu publiquement que les taux d'intérêt négatifs avaient un 
impact défavorable sur le secteur financier, ce qui suggère 
qu'une nouvelle baisse des taux directeurs est improbable. 
  
       
 
 (avec Dhara Ranasinghe; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 
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