La BCE prête à agir pour calmer les tensions sur les taux

le
0
LA BCE EST PRÊTE À AGIR POUR CALMER LES TENSIONS SUR LES TAUX
LA BCE EST PRÊTE À AGIR POUR CALMER LES TENSIONS SUR LES TAUX

par Eva Taylor et Ingrid Melander

PARIS (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) surveille étroitement les marchés monétaires et se tient prête à utiliser si nécessaire tous les instruments à sa disposition pour calmer des tensions sur les taux, a déclaré mercredi son président Mario Draghi.

L'institut d'émission de la zone euro est "particulièrement attentif" à toute évolution qui serait néfaste pour la reprise économique encore fragile de la zone euro ou maintiendrait l'inflation à des niveaux trop bas, a-t-il dit.

Le président de la BCE s'exprimait à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs délocalisée à Paris qui a comme prévu décidé un statu quo sur ses taux directeurs.

Le taux de refinancement reste ainsi fixé à 0,5%, son plus bas niveau historique et une majorité d'économistes interrogés dans le cadre d'une enquête Reuters anticipe qu'il n'évoluera pas jusqu'en avril 2015 au moins.

Ils s'attendent aussi à ce que la BCE lance une nouvelle opération de refinancement à long terme des banques (LTRO), sans doute avant la fin de l'année, pour endiguer la remontée des taux monétaires.

"En ce qui concerne les conditions du marché monétaire, nous resterons particulièrement attentifs aux évolutions qui pourraient avoir des implications pour l'orientation de la politique monétaire", a déclaré Mario Draghi.

"Nous sommes prêts à examiner tous les instruments disponibles, y compris un nouveau LTRO si nécessaire."

L'annonce cet été par la Réserve fédérale américaine d'un ralentissement à venir des rachats d'actifs massifs opérés pour soutenir la reprise de l'économie outre-Atlantique a provoqué une remontée générale des taux d'intérêt qui a pris de court la BCE, confrontée à une économie de la zone euro convalescente.

Elle doit maintenant faire face à une remontée de l'euro depuis que la banque centrale américaine a indiqué le mois dernier que le moment n'était pas encore venu de ralentir ses opérations.

Interrogé sur le sujet, Mario Draghi a rappelé que la BCE n'avait aucun objectif de taux de change mais que l'évolution de l'euro était "importante pour la croissance et la stabilité des prix, et nous sommes certainement attentifs à ces évolutions".

La monnaie unique a brièvement franchi le seuil de 1,36 dollar après ces déclarations, pour la première fois depuis février.

LA ZONE EURO PLUS RÉSISTANTE

Pour tenter de calmer les marchés, la BCE a déclaré lors de sa réunion de juillet qu'elle maintiendrait ses taux directeurs aux niveaux bas actuels, voire plus bas si nécessaire, "pendant une période prolongée", une orientation réaffirmée mercredi.

La possibilité d'une baisse de taux a d'ailleurs été discutée mercredi part le conseil de la BCE, comme lors de sa précédente réunion, et "à la fin, nous avons décidé de laisser les taux d'intérêt à leur niveau actuel", a indiqué son président.

Il a souligné que les statistiques les plus récentes de la zone euro confortaient son évaluation précédente, celui de tensions inflationnistes qui devraient rester modérées et d'une "amélioration progressive attendue de l'activité économique, en partant de bas niveaux."

Mario Draghi a minimisé les risques de nouvelle crise découlant des tensions politiques en Italie en soulignant que la zone euro était aujourd'hui beaucoup plus solide grâce aux réformes engagées ces deux dernières années.

"Si l'instabilité peut entraver les espoirs de reprise dans ces pays, elle ne nuit pas vraiment aux fondations de la zone euro comme cela pouvait être le cas il y a quelques années. En d'autres termes, la zone euro et l'euro sont plus résistants aujourd'hui", a-t-il dit.

Un nouveau LTRO, après les deux opérations lancées fin 2011 et début 2012, permettrait d'améliorer la liquidité sur les marchés interbancaires et partant, le financement des banques au moment où la BCE, anticipant sur son futur rôle de superviseur bancaire, va procéder début 2014 à un examen qualitatif des bilans des établissements financiers.

L'exercice est jugé crucial pour rétablir la confiance dans le système bancaire de la zone euro et se doit impérativement d'être "crédible", a dit Mario Draghi, ajoutant : "Je n'anticipe pas de catastrophes, mais c'est important que toute la lumière soit faite et en toute transparence".

Yann Le Guernigou pour le service français, édité par Marc Angrand

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant