La BCE prête à agir face à des prix durablement déprimés

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LA BCE NE CHANGE PAS SES TAUX
LA BCE NE CHANGE PAS SES TAUX

par Sakari Suoninen et Paul Carrel

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a dit jeudi s'attendre à une inflation au sein de la zone euro bien inférieure à ses objectifs au cours des deux prochaines années et a confirmé qu'elle était prête à agir si nécessaire pour renforcer une reprise atone.

La banque centrale a laissé ses taux directeurs inchangés, comme attendu, à l'issue de la réunion de son conseil des gouverneurs.

Le taux de refinancement et celui de la facilité de prêt marginale, abaissés de manière inattendue le mois dernier d'un quart de point, restent fixés à 0,25% et 0,75% respectivement. Celui de la facilité de dépôt demeure à zéro.

Les intervenants de marchés s'attendent à de nouvelles initiatives de la BCE et son président Mario Draghi n'a rien fait pour les en dissuader au cours de la conférence de presse qui a suivi l'annonce sur les taux.

"Nous pourrions connaître une période prolongée de faible inflation suivie ensuite par un mouvement graduel à la hausse vers des taux d'inflation inférieurs mais proches de 2%", a-t-il déclaré. "Nous surveillons les évolutions attentivement et sommes prêts à envisager l'usage de tous les instruments disponibles."

Il a ajouté que la discussion du Conseil des gouverneurs n'avait concerné aucun instrument en particulier mais qu'un "bref échange" avait porté sur le passage en territoire négatif du taux des dépôts, soit le taux auquel la BCE rémunère les liquidités excédentaires que les banques laissent dans ses livres.

La décision de maintenir le taux refi, le principal taux directeur de la BCE, au plus bas record de 0,25% était largement attendue alors que l'inflation au sein de la zone euro s'est légèrement redressée au mois de novembre à 0,9% en rythme annuel contre 0,7% le mois précédent. Le taux de chômage a aussi enregistré une légère décrue.

"DEGRÉ ÉLEVÉ DE PRÉPARATION"

Les prévisions actualisées des services de la BCE font état d'une inflation attendue à 1,1% l'année prochaine et à 1,3% en 2015, des niveaux encore très éloignés de son objectif d'une croissance des prix en rythme annuel "inférieure à, mais proche de 2%".

La BCE a parallèlement revu en légère hausse sa prévision de croissance 2014 à 1,1% contre 1,0% précédemment et elle estime que la reprise devrait se poursuivre en 2015 avec une hausse de 1,5% du PIB.

Mario Draghi a toutefois prévenu que ces prévisions étaient sujettes à des risques baissiers comme une éventuelle hausse des prix des matières premières, un affaiblissement de la croissance de la demande interne et des exportations et des retards dans la mise en oeuvre des réformes structurelles au sein de la zone euro.

La Banque centrale ne se lancera pas dans un programme d'assouplissement quantitatif à l'instar de ceux mis en oeuvre par la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon, selon une enquête Reuters auprès d'économistes publiée la semaine dernière.

La Banque d'Angleterre a elle aussi et sans surprise laissé jeudi sa politique monétaire inchangée.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendent toutefois à ce que la BCE procède à une nouvelle opération de refinancement à très long terme (LTRO) au début de l'année prochaine comme elle l'avait fait fin 2011 et début 2012, injectant alors plus de 1.000 milliards d'euros de liquidités dans le système bancaire.

"Le degré de préparation est assez elevé sur toutes (les options de politique monétaire)", a-t-il dit.

Mario Draghi a cependant souligné qu'une nouvelle opération de LTRO ne serait mise en oeuvre que si la BCE était sûre qu'elle profiterait au financement de l'économie réelle plutôt qu'à subventionner le renforcement des bilans bancaires.

Les banques ont utilisé une large partie des liquidités à faible coût mises à leur disposition l'année dernière pour acheter des titres plus rémunérateurs, empochant une marge d'intérêt qui a permis d'améliorer leur résultats.

Plusieurs responsables monétaires de la zone euro avaient signalé avant même la tenue du Conseil des gouverneurs que la BCE était prête à assouplir encore sa politique monétaire en cas de besoin soulignant toutefois qu'aucune action immédiate n'était envisagée.

Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • patr.fav le jeudi 5 déc 2013 à 17:30

    l'europe met de plus en plus de contraint à la france pour la rendre comme l'espagne ou la grèce ; comme le tabac et certazins buraliste vont fermer ou imposer des normes aux agriculteur s pour les axphisiés et augmenter les impots et taxes au français un max ..et j'en passe!!!!!

  • guerber3 le jeudi 5 déc 2013 à 14:16

    Enfin, un scoop...!