La BCE prend le relais de la Fed

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(lerevenu.com) - La confiance des directeurs d'achat de la zone euro s'améliore. Pourtant, la reprise reste fragile et plusieurs facteurs peuvent pousser la Banque centrale européenne à agir prochainement pour soutenir la croissance.

Les bonnes nouvelles économiques de ces derniers mois ont entraîné une augmentation des taux d'intérêt sur les marchés monétaires et obligataires. La volatilité des rendements s'est accrue depuis que la banque centrale américaine a annoncé qu'elle envisageait de mettre fin à son programme d'achat d'actifs et qu'elle a interrompu sa «forward guidance».

En Europe, les liquidités excédentaires des banques ont diminué suite au remboursement des fonds qu'elles avaient empruntés à la BCE à travers ses deux opérations de refinancement à trois ans (LTRO), ce qui pourrait exercer une pression croissante sur les taux Eonia (court terme). Ce resserrement des conditions financières remet en cause la reprise, car la dynamique du crédit reste faible : les prêts aux entreprises non financières ont enregistré une nouvelle baisse au mois de juillet (-2,8% annualisé).

La résilience de la monnaie européenne est une autre source d'inquiétude pour la BCE. Si l'euro devait rester à son niveau de 1,35 face au dollar au cours des prochains mois, cela pénaliserait les entreprises exportatrices et la croissance. Face à ces nombreux obstacles, la BCE se dit «prête» à intervenir, et le ralentissement de l'inflation (+1,3% en août 2013) devrait lui donner plus de marges de man?uvre pour agir. Mario Draghi a d'ailleurs récemment rappelé que la banque centrale était prête à mettre en place un nouveau LTRO pour maintenir les taux court terme à un niveau bas si nécessaire.

Notre scénario central prévoit un nouveau LTRO début 2014, lorsque la maturité restante du LTRO actuel sera inférieure à un an. La BCE pourrait également considérer la mise en ?uvre d'un programme de LTRO à taux fixe, ce qui aurait un impact plus significatif sur les anticipations à moyen-terme et renforcerait la «forward guidance». Une baisse du taux de refinancement de 0,5% à 0,25% est également envisageable mais serait peu efficace, tandis que l'instauration de taux négatifs sur les dépôts serait seulement justifiée dans le cadre d'une dégradation sérieuse de l'environnement économique.

Depuis le début de la crise financière, le rôle de la BCE n'a cessé d'évoluer (OMT, forward guidance?). La politique monétaire continue d'apporter de nouvelles solutions au soutien de l'économie de la zone euro. Cependant, un retour durable de la croissance ne sera possible que par la mise en place rapide de l'union bancaire et la poursuite des réformes structurelles dans chaque pays. 

Patrick Legland, directeur mondial de la recherche de Société Générale Corporate & Investment Banking

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