La BCE pourrait solliciter les Etats faibles en cas de QE-sces

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par John O'Donnell et Paul Carrel FRANCFORT, 19 décembre (Reuters) - Des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) étudient différents moyens permettant de faire supporter aux pays les plus faibles de la zone euro une part plus importante du coût et du risque d'éventuelles nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif (QE), a-t-on appris de sources proches du dossier. Plusieurs responsables qui ont requis l'anonymat ont déclaré à Reuters que la BCE pourrait ainsi demander aux banques centrales de pays comme la Grèce et le Portugal de constituer des réserves ou des provisions supplémentaires pour couvrir les pertes potentielles liées à des achats de dettes, en prenant en compte le risque associé à leurs obligations. Une telle disposition pourrait contribuer à convaincre l'Allemagne, jusqu'à présent très réticente, d'apporter son soutien à un plan prévoyant des achats de dette publique. Mais elle pourrait aussi avoir un revers en limitant la portée et l'impact de ce nouveau plan de QE. Même si le lancement en 2015 d'un plan d'achats d'obligations souveraines semble désormais pratiquement acquis aux yeux de la plupart des observateurs, son calendrier et ses modalités restent à préciser. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE est prévue le 22 janvier. Demander aux pays concernés les plus faibles de constituer des provisions permettrait de montrer qu'une part plus importante des risques liés au QE serait assumée par les banques centrales nationales, plutôt que par la BCE à Francfort. "Les pertes seraient supportées (...) par les Etats", a dit un responsable. La BCE a refusé de commenter ces informations. Le petit groupe de pays opposés à des achats de dette est progressivement en train de changer de position, pour tenter d'influencer les modalités du plan plutôt que de le bloquer entièrement. La Bundesbank demande ainsi que des achats d'obligations soient soumis à des limitations strictes. Son président, Jens Weidmann, a évoqué cette semaine deux hypothèses: une limitation des possibilités d'achat d'obligations aux pays les mieux notés et la possibilité pour chaque banque centrale nationale de l'Eurosystème d'acheter des titres de son propre pays, en assumant les risques associés. "Même si l'on dit qu'il n'est pas trop tôt pour un QE, il reste des choses à dire sur la manière de procéder", a déclaré un responsable d'une banque centrale de la zone euro. "Si la banque centrale achetait uniquement des obligations de son propre pays, les chances et les risques iraient à la banque centrale. Que se passerait-il en cas de perte ? Tout se passerait bien si les banques centrales passaient les provisions appropriées." (avec Marc Jones; Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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