La BCE pourrait changer de cap le 8 décembre prochain

le , mis à jour à 17:30
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Mario Draghi pourrait évoquer un changement dans la politique de la BCE lors de la réunion du 8 décembre prochain, envisage Aurel BGC.
Mario Draghi pourrait évoquer un changement dans la politique de la BCE lors de la réunion du 8 décembre prochain, envisage Aurel BGC.

Depuis l’élection de Donald Trump, les principaux indices boursiers cherchent une direction à suivre. Le CAC40 oscille sans conviction autour des 4.500 points. Dans ce contexte, les économistes du courtier Aurel BGC livrent leur analyse sur les prochains défis qui attendent les investisseurs.

Pour Aurel BGC comme pour tous les intervenants des marchés, la réaction positive des grands indices boursiers suite à l’élection de Donald Trump a été une surprise.

« Les marchés ont joué plus de croissance et plus d’inflation. Maintenant, il faut voir ce qui sera réellement fait » sous la présidence de Donald Trump commentait jeudi dernier Christian Parisot, chef économiste d'Aurel BGC, à l’occasion d’une conférence mensuelle du courtier.

Etats-Unis : consensus incertain pour 2017

En effet, malgré l'enthousiasme des marchés, « Le consensus [pour l'an prochain] reste incertain sur les Etats-Unis, entre ceux qui pensent que la croissance va redémarrer » et ceux qui affirment l’inverse, a-t-il souligné. En somme, « Comme pour le Brexit, l’impact de Trump [sur la conjoncture économique] reste difficile à évaluer » pour l’an prochain.

Pour le chef économiste d'Aurel BGC, sur les marchés, « Des pics de volatilité sont probables face à l’accumulation des sources d’incertitudes » l'an prochain, avec notamment le lancement de la procédure de rupture entre le Royaume-Uni et l'UE d'ici le mois de mars.

Restant prudent mais néanmoins positif dans ses anticipations pour 2017, le courtier estime tout de même que « les principaux indices actions devraient progresser modérément l’année prochaine ».

En effet, « Au cours des derniers mois, les signaux sont quand même redevenus plus positifs aux Etats-Unis » a souligné Christian Parisot. La croissance semble par ailleurs moins menacée dans les pays émergents, qui bénéficient de la stabilisation des prix des matières premières, notamment du pétrole.

Pétrole, dollar et Fed : impactés par l’« effet Trump »

Pour l’industrie du pétrole, l’élection de Donald Trump reste néanmoins à double tranchant. En effet, M. Trump a affiché son intention de réduire aux Etats-Unis les contraintes réglementaires qui pèsent sur ce secteur : cet effet a priori positif pour l’industrie devrait néanmoins permettre un abaissement des coûts d’extraction, qui se répercuterait sur les prix du baril.

Les investisseurs ont d'ailleurs anticipé cet effet : les prix du pétrole ont perdu jusqu’à 10% depuis leur niveau de fin octobre, faisant souffrir les valeurs du secteur pétrolier.

Sur le marché des devises, les investisseurs ont pu s’étonner de voir le dollar grimper face à l’euro depuis l’élection de M. Trump, alors même que les anticipations d’inflation ont refait surface aux Etats-Unis, ce qui aurait dû logiquement affaiblir la devise américaine.

Les économistes d’Aurel BGC expliquent principalement ce mouvement contre-intuitif par le fait que la Fed devrait remonter ses taux directeurs un peu plus rapidement si l’inflation et la croissance venaient à se confirmer.

À noter cependant que « Les marges d’appréciation supplémentaire du dollar semblent désormais plus limitées » souligne Aurel BGC.

Toujours au sujet de la Fed, le courtier entrevoit le risque que le Congrès à majorité républicaine remette sur la table l’idée d’organiser des audits réguliers de la politique monétaire de la Fed.

Ainsi, à l’avenir, « Il se pourrait que la Fed ait besoin d’un accord du Congrès si elle veut lancer un nouveau plan de "quantitative easing" », ce qui ne serait pas bon pour la réactivité de la banque centrale américaine en cas de nouvelle crise.

Europe : attention au 4 et au 8 décembre !

Sur le Vieux Continent, Aurel BGC a souligné que le référendum italien du 4 décembre et la prochaine réunion de la BCE du 8 décembre pourraient apporter quelques surprises.

En ce qui concerne le référendum italien, celui-ci s’annonce perdant pour Mateo Renzi d’après les sondages.

En cas de défaite, le premier ministre italien ne devrait pas forcément démissionner de ses fonctions, mais si cela venait à se produire, la situation serait d’autant plus délicate pour les marchés boursiers que le secteur bancaire italien reste très fragile et que les négociations sur leur sauvetage seraient mises en suspens jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Surtout, le 8 décembre prochain, « La BCE pourrait annoncer un début de "tapering" en achetant moins de titres sur les marchés » estime Christian Parisot, c’est-à-dire qu’elle pourrait laisser entrevoir un abaissement du montant de ses achats mensuels d'obligations.

Les investisseurs avaient déjà commencé à percevoir un changement de ton dans le discours de Mario Draghi lors des conférences de septembre et octobre, au cours desquelles le Président de la BCE avait joué avec les nerfs des investisseurs en refusant de confirmer que le plan de rachats d’actifs de la BCE allait forcément se poursuivre au-delà de mars 2017.

Pour Aurel BGC, « La BCE devrait réduire progressivement ses achats mensuels de titres à partir du deuxième trimestre » 2017. Le choc devrait rester limité sur les marchés du fait qu'« Il ne s’agit pas de réduire le degré d’accommodation de la politique monétaire, mais de cesser de l’augmenter ».

Les économistes d’Aurel BGC attendent tout de même une lente remontée des taux sur les marchés obligataires européens, avec notamment un taux du Bund à 10 ans allemand « entre 0,75% et 1% d’ici fin 2017 », également soutenu par une remontée progressive de l'inflation. « Ce mouvement [de remontée des taux] devrait être saccadé, en dents de scie » envisage Aurel BGC.

Malgré cela, la politique monétaire de la BCE devrait toujours rester très accommodante l’an prochain. Pour Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, « Les conditions financières positives devraient globalement se poursuivre [en Europe en 2017] malgré une tendance à la hausse des taux » sur les marchés obligataires.

H24 Finance pour Boursorama

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  • tchazard il y a une semaine

    madame et monsieur soleil réunis

  • flexmoul il y a une semaine

    Le référendum italien et l'effet de contagion systémique des banques italiennes seront bien pire que Brexit+Trump réunis (qui eux étaient plutôt positifs dans le fond). In Gold We TrustThe end of Money Jim Rickards neuf ou d'occasion

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