La BCE pas pressée d'agir après le Brexit-sources

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 (Actualisé avec citations, propos de Constancio sur CNBC) 
    FRANCFORT, 29 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne 
ne voit pas d'urgence à assouplir sa politique monétaire après 
le vote de la Grande-Bretagne en faveur d'une sortie de l'Union 
européenne, au vu de la réaction plus calme que prévu des 
marchés à ce Brexit, ont dit plusieurs sources à Reuters. 
    Les Bourses ont fortement reculé pendant deux séances 
vendredi et lundi avant de se redresser depuis, ce qui incite la 
BCE à adopter une position d'attente avant d'obtenir des 
éléments concrets sur les conséquences du vote britannique sur 
l'économie réelle, disent ces sources. 
    Des échanges avec plusieurs responsables au fait des 
réflexions au sein de la BCE ont dit que le récent rebond des 
marchés avait rassuré l'autorité monétaire et l'avait d'autant 
plus confortée dans une attitude attentiste que les indications 
sur les conséquences du Brexit font encore défaut.  
    Le vice-président de la BCE a dit espérer que les marchés 
allaient continuer à se stabiliser et que les conséquences 
économiques du Brexit ne se matérialiseraient que dans les 
années à venir.  
    "Au vu de cette réaction (des marchés) et des fondamentaux 
autour de ce problème, on peut espérer que les marchés se 
stabilisent", a déclaré Vitor Constancio à la chaîne CNBC. 
    "Maintenant, bien sûr nous n'en avons pas terminé avec les 
conséquences économiques", a-t-il ajouté. "La sortie du 
Royaume-Uni aura des conséquences négatives pour la croissance 
dans les années à venir, au Royaume-Uni en particulier." 
    Les sources ont souligné qu'il était trop tôt pour évaluer 
les conséquences du référendum sur la confiance des 
consommateurs et des investisseurs et que la BCE serait mieux 
armée pour prendre une éventuelle décision en réponse au Brexit 
une fois qu'elle disposera de projections économiques 
actualisées par ses équipes, en septembre.  
    "C'est un problème politique, pas un phénomène monétaire", a 
dit l'une des sources. "Nous pourrions agir, nous avons les 
instruments, mais cela ne réglerait pas le problème plus général 
et pour l'instant toute estimation sur l'impact du Brexit n'est 
que conjecture." 
    Si la stabilisation des marchés se confirme jusqu'à la 
réunion de politique monétaire de la BCE le 21 juillet, il n'y a 
guère plus à en attendre que de nouvelles assurances verbales 
sur sa disponibilité à faire plus en cas de besoin, ont dit les 
sources.  
    Elles ont aussi exprimé leur soulagement devant la réaction 
du marché des dettes souveraines. Les coûts de financement des 
pays d'Europe du Sud se sont nettement détendus mercredi pour un 
troisième jour consécutif et le rendement des OAT à 10 ans est 
tombé à un plus bas record.   
    "Les marchés ont intégré la perspective d'une croissance 
plus faible, à la fois pour la zone euro et le Royaume-Uni", a 
dit l'un des sources. "Cela semble assez réaliste maintenant et 
je ne vois pas de sur-réaction significative", a-t-elle ajoutée. 
 
 (Francesco Canepa et Balazs Koranyi; Bertrand Boucey et Marc 
Joanny pour le service français) 
 
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