La BCE n'envisage pas d'abandonner la clé de répartition du QE-sces

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 (Actualisé avec déclarations supplémentaires, précisions) 
    FRANCFORT, 1er juillet (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) n'envisage pas à l'heure actuelle de renoncer à 
la clé de répartition de ses rachats d'actifs et d'acquérir de 
la dette souveraine des pays de la zone euro au-delà de leur 
poids respectif dans son capital, ont déclaré vendredi à Reuters 
des sources proches de la BCE. 
    Bloomberg a rapporté que la BCE envisageait d'abandonner ce 
principe en raison de la pénurie d'emprunts d'Etat allemands, 
sur lesquels les investisseurs se sont rués en raison de leur 
statut de valeur refuge à la suite du vote britannique en faveur 
d'une sortie de l'Union européenne. 
    Des sources informées de la réflexion au sein de la BCE ont 
toutefois déclaré à Reuters que plusieurs autres initiatives 
seraient envisagées avant de prendre une telle décision, qui 
auraient d'importantes conséquences politiques, notamment en 
Allemagne, où le programme de rachats de dette souveraine de la 
BCE suscite de vives réticences. 
    En cas de pénurie de titres à racheter, la BCE envisagerait 
en premier lieu de relever le plafond du montant de sa 
participation à chaque émission obligataire qui ne soit pas 
protégée par des clauses d'actions collectives (CAC), ont dit 
les sources.  
    Pour ne pas disposer d'une minorité de blocage, la BCE 
limite à 33% sa participation aux émissions obligataires et à 
25% quand ces dernières sont assorties de clauses d'actions 
collectives, qui permettent à une majorité qualifiée de 
créanciers d'accepter une éventuelle restructuration 
juridiquement contraignante pour l'ensemble des détenteurs de 
titres. 
    L'institut de Francfort pourrait aussi élargir la gamme des 
titres éligibles à son programme de rachats, selon ces mêmes 
sources. 
    La BCE pourrait de même renoncer à la règle qu'elle s'est 
elle-même fixée consistant à ne pas acquérir de titres dont le 
rendement est inférieur à son taux de dépôt, même si cela serait 
difficile étant donné l'effet a priori limité d'acheter des 
obligations dont les rendements sont déjà négatifs, toujours 
d'après ces sources. 
     
    "AUCUNE PRESSION IMMÉDIATE" 
    "Comme par le passé, nous modifierons les règles si 
nécessaire mais ce n'est pas à l'étude pour le moment", a dit à 
Reuters un membre du Conseil des gouverneurs de la BCE ayant 
requis l'anonymat. "Je m'attendrais à ce que de telles 
modifications soient assez techniques. La clé de répartition, ce 
serait politique cependant." 
    La BCE a refusé de s'exprimer officiellement sur le sujet. 
    "Il ne faut jamais dire jamais mais nous en sommes assez 
loin", a dit une autre source au sujet d'un éventuel abandon de 
la clé de répartition. "Les achats d'actifs se déroulent bien et 
il n'y a aucune pression immédiate sur nos épaules pour modifier 
les règles, donc nous allons voir comment évoluent les marchés." 
    Le rendement à 10 ans des obligations d'Etat allemandes 
 DE10YT=TWEB  a fortement baissé après le référendum en 
Grande-Bretagne et il était négatif, -0,13%, vendredi vers 10h50 
GMT. 
    Les analystes estiment que plus de la moitié de la dette 
allemande n'est plus éligible au programme de rachats d'actifs 
de la BCE car ses rendements sont inférieurs au taux de dépôt de 
l'institut de Francfort, lui-même négatif à -0,40%. 
    L'idée de réduire les rachats de dette allemande au profit 
de celle d'autres pays comme l'Italie soulèverait probablement 
de fortes objections de la part de la Bundesbank et alimenterait 
les arguments de ceux en Allemagne qui jugent ce programme conçu 
pour certains pays uniquement et donc assimilable à du 
financement illégal par une banque centrale. 
    Une troisième source a relevé que les rendements des pays 
dits de la "périphérie" de la zone euro comme l'Espagne ou 
l'Italie avaient moins augmenté que ce que craignait la BCE à la 
suite du vote en faveur du Brexit, et qu'ils avaient même 
nettement baissé depuis. 
    Des analystes évoquent toutefois depuis longtemps la 
possibilité que la BCE soit à terme contrainte de modifier la 
composition de ses rachats d'actifs si elle n'a plus de titres à 
racheter auprès de certains pays. Un changement de la clé de 
répartition pourrait être encore plus probable si ce programme 
d'assouplissement quantitatif (QE), d'un montant mensuel de 80 
milliards d'euros, était prolongé au-delà de sa date 
d'expiration actuelle fixée en mars. 
 
 (Balazs Koranyi et Francesco Canepa; Bertrand Boucey pour le 
service français, édité par Marc Joanny et Wilfrid Exbrayat) 
 
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