La BCE limite certains achats de dettes pour tenir ses limites -sources

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    par Balazs Koranyi et John Geddie 
    FRANCFORT/LONDRES, 16 mai (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) a limité ses achats d'obligations d'Etat 
portugaises et irlandaises le mois dernier de peur d'atteindre 
les limites qu'elle s'est fixées, a-t-on appris de plusieurs 
sources de banques centrales, ce qui pourrait signifier que ces 
pays vont désormais bénéficier moins qu'auparavant de sa 
politique.  
    Le programme d'assouplissement quantitatif (quantitative 
easing, QE) de la BCE prévoit qu'elle ne peut pas détenir plus 
d'un tiers de la dette d'un pays donné, or elle s'approche de 
son plafond en ce qui concerne le Portugal et l'Irlande, dont 
elle avait déjà racheté d'importants montants d'obligations dans 
le cadre d'autres dispositifs anti-crise ces dernières années. 
    Cette situation a commencé à poser problème lorsque 
l'institution a augmenté le mois dernier le montant de ses 
achats mensuels, porté de 60 à 80 milliards d'euros.  
    Les données publiées montrent que les achats ont augmenté de 
plus de 50% dans la plupart des pays de la zone euro, mais de 
16% seulement pour le Portugal et de 33% pour l'Irlande. 
    Deux sources proches du dossier ont expliqué que la BCE et 
les banques centrales nationales qui procèdent aux achats de 
titres avaient complété les achats de titres souverains 
portugais et irlandais par des achats d'émetteurs supranationaux 
afin d'éviter une diminution brutale des achats de leur dette. 
    Cette situation implique que la part du Portugal et de 
l'Irlande dans les achats futurs sera légèrement inférieure à 
leur participation au capital de la BCE, qui sert de référence 
pour la pondération des achats de titres.  
    La BCE s'est refusée à tout commentaire.  
     
    RISQUE D'INÉGALITÉS 
    La Banque d'Irlande a dit qu'elle achetait "un montant 
limité d'obligations supranationales pour le compte de 
l'Eurosystème, tout comme un certain nombre d'autres banques 
centrales nationales". La Banque du Portugal n'était pas 
disponible dans l'immédiat pour un commentaire.  
    Certains investisseurs estiment que l'évolution de la 
répartition entre les pays des achats de la BCE pourrait avoir 
pour conséquence que des pays vulnérables comme le Portugal ne 
bénéficient pas autant du QE que l'Allemagne, première économie 
de la région, au risque d'alimenter les tensions politiques. 
    "Si la BCE cible ses achats sur certains émetteurs 
souverains aux dépens d'autres émetteurs souverains, cela 
revient de fait à une application inégalitaire de la politique 
monétaire", dit ainsi Mark Dowding, gérant de BlueBay Asset 
Management.  
    Les sources ont précisé que la BCE souhaitait que le 
Portugal et l'Irlande continuent de bénéficier du QE jusqu'à la 
fin du programme, prévue en mars 2017, mais elles ont expliqué 
que les achats pourraient varier au fil du temps et rappelé que 
la BCE réexaminait ses limites par émetteur tous les six mois.  
    Au début de l'année, la banque centrale détenait pour 9,7 
milliards d'euros de dette irlandaise et 12,4 milliards d'euros 
de dette portugaise. Depuis le début du QE, elle a acheté pour 
11 milliards d'euros de dette irlandaise et 16,2 milliards de 
dette portugaise.  
     
 
 (avec Padraic Halpin à Dublin et Andrei Khalip à Lisbonne; Marc 
Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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