La BCE laisse ses taux inchangés, relève un peu ses prévisions

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 (Actualisé avec déclarations de Mario Draghi, contexte) 
    par Francesco Canepa et Balazs Koranyi 
    VIENNE, 2 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) n'a pas modifié sa politique monétaire jeudi et elle a 
souligné qu'elle persisterait dans son soutien sans précédent à 
l'activité bien qu'elle ait légèrement relevé ses prévisions 
d'inflation et de croissance pour la zone euro.  
    Après la réunion à Vienne du conseil des gouverneurs de la 
BCE qui a accouché de ce statu quo sans surprise, son président, 
Mario Draghi, a dit s'attendre à ce que les taux directeurs de 
la BCE restent à leur niveau actuel, voire en-dessous, bien 
au-delà de la durée du vaste programme de rachats d'actifs lancé 
par l'institution, censé pour l'instant expirer en mars 2017. 
    "La reprise économique dans la zone euro continue d'être 
freinée par les faibles perspectives de croissance dans les 
marchés émergents, le nécessaire ajustement des bilans (...) et 
la lenteur du rythme de mise en oeuvre des réformes 
structurelles", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. 
    "Une stimulation supplémentaire (...) est attendue des 
mesures de politique monétaire qui doivent encore être mises en 
oeuvre et qui contribueront à rééquilibrer davantage les risques 
entourant les perspectives de croissance", a-t-il ajouté. 
    En mars, outre l'abaissement de ses trois taux directeurs et 
une augmentation du montant de ses rachats d'actifs, la BCE 
avait annoncé qu'elle allait aussi élargir cette politique 
d'assouplissement quantitatif au marché de la dette 
d'entreprise. Elle a précisé jeudi qu'elle commencerait à 
racheter des obligations "corporate" le 8 juin.   
  
    L'inflation dans la zone euro est inférieure depuis 
plusieurs années à l'objectif d'un taux légèrement inférieur à 
2% que s'est fixé la banque centrale, la persistance d'un 
chômage élevé, la modération salariale et la faiblesse de 
l'investissement comme de la demande s'étant ajoutées à l'impact 
de la chute des cours du pétrole. 
     
    REPRISE FRAGILE 
    La croissance a néanmoins été supérieure aux attentes au 
premier trimestre, le moral des agents économiques s'améliore, 
les investissements croissent et la consommation des ménages 
reste solide. L'économie de la zone euro semble ainsi traverser 
sa période la plus favorable depuis la crise de la fin de la 
décennie 2000. 
    Dans son communiqué, à la formulation soigneusement nuancée, 
la BCE souligne toutefois la fragilité de cette reprise et la 
vulnérabilité de la zone euro à des risques dont les principaux, 
selon Mario Draghi, sont un ralentissement de la croissance 
mondiale et une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union 
européenne. 
    La BCE a tout de même relevé légèrement ses prévisions 
d'inflation et de croissance en zone euro pour cette année. 
    L'institution de Francfort projette désormais une inflation 
à 0,2% en 2016, contre 0,1% dans ses prévisions de mars, et une 
croissance de 1,6% au lieu de 1,4% précédemment. 
    La prévision de croissance est inchangée pour 2017, à 1,7%, 
et ramenée de 1,8% à 1,7% pour l'année suivante. 
    Le taux de refinancement, principal taux d'intérêt de la 
BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal 
à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%. 
    Les 65 économistes et analystes interrogés par Reuters avant 
la réunion avaient été unanimes pour prédire que les taux 
d'intérêt ne seraient pas modifiés. Une large majorité d'entre 
eux s'attendent en outre à ce que la BCE ne touche plus à ses 
taux d'ici la fin de l'année.  
 
 (Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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