La BCE laisse des marges aux banques sur les créances douteuses

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    * Les nouvelles recommandations ne sont pas contraignantes 
    * La BCE pourra quand même sanctionner des banques 
    * Graphique du ratio de créances douteuses par pays: http://tmsnrt.rs/2clwaCX 
 
    par Francesco Canepa et Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 12 septembre (Reuters) - Les banques de la zone 
euro pourront elles-mêmes fixer leurs objectifs de réduction de 
leurs créances douteuses et seuls les écarts importants seront 
sanctionnés, montrent les recommandations présentées lundi par 
la Banque centrale européenne. 
    La BCE s'efforce d'inciter les banques, notamment celles des 
pays les plus en difficulté comme l'Italie, de réduire le poids 
des créances douteuses dans leur bilan afin de favoriser le 
crédit et l'activité économique. L'encours total des créances 
douteuses dans la zone euro avoisine actuellement 900 milliards 
d'euros. 
    Les "lignes directrices" dévoilées lundi prévoient que les 
banques se dotent d'elles-mêmes d'objectifs chiffrés à un an et 
à trois ans, en l'absence desquels elles s'exposeraient à des 
"mesures prudentielles" de la BCE, parmi lesquelles pourrait 
figurer un relèvement des ratios réglementaires de solvabilité. 
    Mais la BCE a précisé que les nouvelles lignes directrices 
ne seraient pas contraignantes. Seuls des écarts "significatifs" 
par rapport aux objectifs pourraient déclencher des sanctions et 
dans de nombreux cas, le processus prendra plus de trois ans. 
    Cette méthode suggère que la BCE préfère augmenter 
progressivement la pression sur les banques plutôt que de leur 
forcer la main afin d'éviter un impact trop brutal sur leurs 
bénéfices. 
     
    LE PROCESSUS PRENDRA PLUS DE TROIS ANS 
    "S'il y a des écarts importants, alors évidemment nous 
discuterons avec la banque de la manière dont elle se 
rapprochera des lignes directrices, et notamment du délai dans 
lequel cela s'effectuera", a déclaré Sharon Donnery, gouverneure 
adjointe de la banque centrale d'Irlande, qui préside le groupe 
de travail de la BCE sur les créances douteuses. 
    Lors de l'annonce du lancement du processus d'élaboration de 
ces lignes directrices en janvier, des banques et des 
investisseurs avaient craint que la BCE n'oblige certains 
établissements à vendre en urgence une partie de leur 
portefeuille de prêts, ce qui se serait traduit par une baisse 
des prix, donc par un impact sur les bénéfices et le bilan. 
    Mais les annonces de lundi montrent que les banques auront 
trois ans, voire davantage, pour faire le ménage dans leurs 
prêts à risque.  
    "Nous avons fait le choix d'un objectif à trois ans parce 
que la plupart des banques ont des projections à trois ans dans 
leur plan stratégique (...) Pour un certain nombre de banques, 
ce ne sera pas la fin de l'histoire, cela prendra plus de 
temps", a expliqué Sharon Donnery. 
    Environ 7% de l'encours global de prêts des 129 grandes 
banques placées sous l'autorité directe de la BCE étaient 
classés fin 2015 comme "non-performants" car l'emprunteur avait 
au moins 90 jours de retard dans ses obligations, a précisé la 
BCE. Ce ratio atteint 12% en Italie, 15% au Portugal et 47% en 
Grèce, contre 3% en Allemagne et 4% en France. 
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
 
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