La BCE jugera début 2015 de l'intérêt d'agir de nouveau

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LA BCE JUGERA DÉBUT 2015 DE L'OPPORTUNITÉ DE NOUVELLES MESURES DE RELANCE
LA BCE JUGERA DÉBUT 2015 DE L'OPPORTUNITÉ DE NOUVELLES MESURES DE RELANCE

par John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) jugera au début de l'an prochain de l'opportunité de mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour relancer l'économie de la zone euro, a déclaré jeudi son président Mario Draghi.

Lors de sa conférence de presse mensuelle à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs, Mario Draghi a assuré que les dirigeants de la BCE étaient unanimes dans leur détermination à adopter si nécessaire des mesures qui pourraient inclure l'achat de dette publique.

La BCE avait auparavant annoncé, comme attendu, le maintien de ses taux directeurs à leurs plus bas niveaux historiques.

En complément de cette politique de taux ultra-accommodante, la banque centrale prévoit d'augmenter son bilan à 800 milliards d'euros, voire à 1.000 milliards, ce qui le ramènerait à son niveau du début 2012, en achetant des actifs sur les marchés pour injecter massivement des liquidités dans le système financier.

"Au début de l'an prochain, le conseil des gouverneurs réévaluera le soutien monétaire engagé, l'expansion du bilan et les perspectives d'évolution des prix", a dit Mario Draghi.

"S'il s'avère nécessaire d'apporter une réponse intensifiée aux risques d'une période trop prolongée d'inflation basse, le conseil des gouverneurs reste unanime dans sa détermination à utiliser des instruments non conventionnels supplémentaires dans le cadre de son mandat."

"Cela pourrait impliquer de modifier au début de l'année prochaine la taille, le rythme et la composition de nos mesures."

L'EURO REMONTE FAUTE DE PRÉCISIONS SUR UN QE

Mario Draghi a tenu à préciser que les préparatifs nécessaires à la mise en oeuvre éventuelle de ces nouvelles mesures s'intensifiaient.

Les marchés actions reculaient et l'euro regagnait du terrain face au dollar après la conférence de presse, les investisseurs se disant déçus par l'absence d'indications précises sur les intentions de la banque centrale.

"Il n'y a eu aucun signal politique fort en termes d'assouplissement quantitatif sur les souverains même si, au vu de la révision à la baisse des prévisions de croissance et d'inflation et de la tonalité générale, il est assez raisonnable de penser que la BCE agira l'an prochain", estime Vassili Serebriakov, stratégiste devises de BNP Paribas à New York.

L'euro se traitait autour de 1,2410 dollar à 16h30 après un plus bas de plus de deux ans à 1,2284.

Au cours des prochaines semaines, la BCE s'emploiera donc à mesurer l'impact des décisions déjà entrées en vigueur, qu'il s'agisse de ses taux historiquement bas, des prêts à long terme aux banques (TLTRO) ou des achats d'obligations sécurisées et de prêts titrisés (ABS) déjà engagés.

Cette évaluation prendra en compte la nouvelle dégradation des perspectives de croissance et d'inflation que reflètent les dernières prévisions des services de la BCE. Celle-ci ne prévoit plus que 1,0% de croissance l'année prochaine dans la zone euro, contre 1,6% projeté en septembre, et 0,7% d'inflation, contre 1,1%.

L'UNANIMITÉ PAS INDISPENSABLE POUR UN QE, DIT DRAGHI

Cette dernière prévision éloigne un peu plus la BCE de son objectif d'une inflation inférieure à 2% mais proche de ce niveau.

"Les risques entourant les perspectives économiques pour la zone euro sont orientés à la baisse", a résumé Mario Draghi lors de sa conférence de presse, organisée pour la première fois dans le tout nouvel immeuble de la banque centrale, un gratte-ciel qui a coûté 1,3 milliard d'euros.

Le président de l'institution a souligné que celle-ci accorderait une attention particulière à l'impact de la baisse des cours du pétrole, qui approche 40% depuis le 1er juillet.

"Nous ne tolérerons pas des déviations prolongées par rapport à la stabilité des prix", a-t-il prévenu.

Avant de s'engager dans un éventuel programme d'achats de titres de dette souveraine, Mario Draghi devra vaincre les très fortes réticences de plusieurs pays de la zone euro, à commencer par celles de l'Allemagne.

La semaine dernière encore, Sabine Lautenschläger, la membre allemande du directoire de la BCE, n'a pas hésité à exprimer son scepticisme sur l'intérêt d'une telle politique d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE).

Mario Draghi a toutefois rappelé jeudi que l'unanimité au sein du conseil des gouverneurs n'était pas indispensable pour s'engager sur cette voie, préférant parler de "consensus".

(Avec Paul Carrel, Patrick Vignal pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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