La BCE fer de lance d'un nouveau code de conduite sur les changes

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LA BCE AU CENTRE D'UN NOUVEAU CODE DE CONDUITE SUR LE MARCHÉ DES CHANGES
LA BCE AU CENTRE D'UN NOUVEAU CODE DE CONDUITE SUR LE MARCHÉ DES CHANGES

par Patrick Graham et Marc Jones

LONDRES (Reuters) - La Banque centrale européenne s'est vue confier les travaux visant à durcir les codes de conduite sur le marché des changes, sujet qui devrait figurer en bonne place dans un rapport de référence attendu dans les semaines qui viennent.

Des sources bancaires ont dit que le chantier des nouvelles règles de conduite était devenu une priorité après une réunion qui s'est tenue en mai à Sydney et qui regroupait huit comités de banques centrales chargés de faire le point sur le plus grand marché financier de la planète.

Cette réunion faisait suite à 12 mois agités pour le marché des changes, durant lesquels plus de 40 cambistes ont été soit remerciés soit suspendus parce qu'ils étaient soupçonnés d'avoir utilisé les informations de la clientèle aux fins d'une manipulation des taux de change.

Le Conseil de stabilité financière (FSB), une organe de régulation mondial émanant du Groupe des Vingt (G20), doit publier prochainement les résultats de ses premiers travaux sur les taux de référence du marché des changes.

Le groupe qui s'est réuni à Sydney, baptisé Global Foreign Exchange Committees, est distinct du FSB mais ses participants sont en grande partie les mêmes.

Donner à la BCE le contrôle du processus d'élaboration de nouvelles règles de conduite met sur la touche les grandes places du marché des changes que sont Londres et New York.

La BCE, ainsi que la Banque du Canada et la Banque de Réserve d'Australie, adhèrent au Model Code de l'association des cambistes ACI. La Réserve fédérale et la Banque d'Angleterre ont leur propre régime en la matière mais de nouvelles règles pourraient rapprocher ces différents corpus.

"C'est intéressant que ce soit la BCE qui ait reçu pour l'essentiel le contrôle de la procédure", a dit une source bancaire. "Dans les faits, il s'agirait en quelque sorte de réécrire ou d'adopter officiellement pour tous ces centres une bonne partie des préceptes de l'ACI".

La BCE s'est refusé à tout commentaire, renvoyant au compte rendu de la réunion de Sydney, dont les participants sont tombés d'accord sur l'observance de "principes de haut niveau".

LAISSEZ-FAIRE

Le FSB a dit que ses conclusions et recommandations seraient transmises aux chefs d'Etat et de gouvernement du G20 à l'occasion de leur sommet de Brisbane en novembre.

Toutefois, certains responsables pensent que le rapport du FSB, qui n'aurait rien de révolutionnaire à ce stade, pourrait être conçu dans ses grandes lignes dès ce mois-ci.

Les banques et d'autres intermédiaires craignent que les investigations en cours ne signent l'arrêt de mort d'une période de relatif laissez-faire sur le marché des changes et n'entraînent le rapatriement du trading sur des plates-formes davantage régulées, comme c'est le cas pour l'essentiel du trading des dérivés de change.

Pour l'heure, les enquêtes sur des manipulations présumées risquent fort de durer jusqu'à l'an prochain voire au-delà et pour certains régulateurs, il n'est pas du tout avéré qu'il y ait pu y avoir malversation.

"Le secteur élabore la meilleure réponse dont il soit capable sans connaître l'issue des enquêtes", a dit une autre source. "Si, comme beaucoup s'y attendent, ça débouche sur des poursuites et des amendes, comme dans le cas du Libor, alors on ne sera plus dans le même cas de figure; des solutions plus énergiques devront être mises sur la table".

Les intermédiaires financiers s'emploient déjà à trouver d'autres moyens de former les taux de référence, que cela passe par des algorithmes automatisés ou des systèmes de placement anonyme des ordres.

Selon les sources, le FSB donnerait son aval à de telles initiatives en l'agrémentant de recommandations, comme par exemple la fixation quotidienne des taux de référence sur des périodes plus longues, lorsque le marché est le plus liquide, ce qui rendrait toute manipulation éventuelle plus difficile.

"La vérité c'est que tous les problèmes pratiques des fixings à la base de tout ça sont déjà en passe d'être évacués", a dit l'une des sources. "Pour certains problèmes cela prend du temps mais le secteur a déjà changé; je ne crois pas que ces problèmes existeront encore dans trois ans".

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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  • b.renie le mardi 3 juin 2014 à 09:51

    Enfin ... si cela débouche sur du concret. Il ne faut pas exclure un enterrement en catimini. Pour deux raisons. Les banquiers devenus des financiers purs ne vont pas naturellement accepter une régulation efficace qui encadrera leurs actions. Les gouvernements n'accepteront pas facilement de perdre la maitrise de l'appréciation de la monnaie de leur pays. C'est sans doute la raison du fait que la BCE ait été choisie car la FED et Banque d'Angleterre sont à la botte du pouvoir politique.

  • dlabore le lundi 2 juin 2014 à 21:04

    faut pas rever,

  • lechypre le lundi 2 juin 2014 à 19:54

    Lol encore !! C bien , continuez, on vous soutient...mais on n y crois pas..c la finance qui décidé, on a compris