La BCE exclut la "monnaie hélicoptère", pas d'autres mesures

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    par Francesco Canepa et John O'Donnell 
    FRANCFORT, 7 avril (Reuters) - Plusieurs responsables de la 
Banque centrale européenne (BCE) se sont employés jeudi à 
préciser les limites de leur action, évoquant la possibilité de 
mesures limitées tout en excluant le recours à la monnaie 
"hélicoptère", c'est-à-dire distribuée directement aux citoyens. 
    "Nous n'envisageons rien de la sorte. Ce n'est donc pas sur 
la table, sous aucune forme", a déclaré Vitor Constancio, le 
vice-président de l'institution, devant des députés européens, à 
propos de l'éventualité de distribuer directement de l'argent 
aux consommateurs pour favoriser l'activité économique et 
l'inflation. 
    Avant lui, Mario Draghi, le président de la BCE, avait écrit 
dans l'avant-propos du rapport annuel de la banque que l'année à 
venir serait difficile.  
    "Nous sommes confrontés à des incertitudes quant aux 
perspectives de l'économie mondiale. Nous faisons face à des 
forces désinflationnistes persistantes. Et nous opérons dans un 
contexte de questionnement sur la voie que va prendre l'Europe 
et sur sa capacité de résistance à de nouveaux chocs", a-t-il 
expliqué.  
    Il a ajouté que la BCE "ne se résout pas à une inflation 
excessivement basse", des termes qui suggèrent que ses 
responsables n'excluent pas de prendre de nouvelles mesures. 
    A l'issue de sa dernière réunion, le 10 mars, la BCE a 
réduit ses trois taux directeurs, augmenté d'un tiers son 
programme de rachat d'actifs et annoncé de nouveaux prêts à long 
terme et à bas coût aux banques. 
     
    "RECALIBRAGE" 
    Une nouvelle amplification de la politique 
ultra-accommodante actuelle, si elle était nécessaire, pourrait 
passer par une adaptation du plan d'achat d'obligations, a dit 
Peter Praet, le chef économiste de la BCE.  
    "Si de nouveaux chocs négatifs devaient se concrétiser, nos 
mesures pourraient être recalibrées encore une fois en fonction 
de la force des vents contraires", a-t-il dit devant un parterre 
d'économistes à Francfort.  
    Une telle inflexion devrait toutefois obtenir l'aval des 19 
banques centrales de l'Eurosystème, dont certains jugent déjà 
que la politique monétaire se rapproche dangereusement des 
limites du mandat de la BCE.  
    Le compte-rendu de la réunion des 9 et 10 mars publié jeudi 
montre ainsi que certains de ses membres ont émis des réserves. 
    "Alors que, globalement, les membres ont largement pris acte 
de la nécessité d'une action d'ampleur, différentes opinions ont 
été exprimées quant aux composants individuels de l'ensemble 
proposé", lit-on dans le compte rendu. 
    Evoquant l'exemple du coût induit pour les banques des 
dépôts auprès de la banque centrale, il est écrit: "Des 
préoccupations ont été exprimées concernant les éventuels effets 
secondaires indésirables d'une poussée plus profonde en 
territoire négatif. Une nouvelle réduction (...) pouvait 
augmenter indûment la pression sur la rentabilité des banques".  
   
 
 (John O'Donnell, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le 
service français) 
 
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