La BCE évoque un risque d'"aléa moral" si l'ELA manque de rigueur

le , mis à jour à 14:58
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par Francesco Canepa FRANCFORT, 7 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) ne peut fournir des financements d'urgence assortis de conditions par trop généreuses ou sans garanties suffisantes, lit-on dans un document de l'institut d'émission. La BCE assure le refinancement des banques grecques par le biais du mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence (ELA). Elle a lundi augmenté la décote ("haircut") assignée à certaines des garanties (collatéraux) présentées par ces banques, un élément que le Premier ministre grec Alexis Tsipras doit prendre en compte à quelques heures d'un sommet de la zone euro à Bruxelles. Dans un document publié mardi sur son site, l'institut d'émission cite des situations dans lesquelles l'ELA entrerait en conflit avec ses objectifs, affirmant que les banques centrales nationales ne pourraient faire fonctionner ce mécanisme en l'absence de garanties suffisantes ou dans des conditions généreuses au point de soulever le risque d'un "aléa moral". "Assurer l'ELA dans des conditions exagérément généreuses (...) pourrait augmenter le risque d'aléa moral de la part des établissements financiers ou des autorités de tutelle", explique la BCE. De telles conditions trop accommodantes pourraient se muer en une menace pour l'indépendance des banques centrales nationales si l'ELA était assuré sans garanties suffisantes pour préserver cette indépendance, ajoute-t-elle. D'autres risques de conflit émaneraient de situations dans lesquelles l'ELA deviendrait un procédé de financement des Etats ou encore contrarierait l'exécution de la politique monétaire "en rendant l'orientation des taux d'intérêt à court terme plus délicate". En vertu des propres règles définies par la BCE, l'ELA n'est destiné qu'aux banques solvables ayant des besoins de liquidité. Ce sont les banques centrales nationales qui se chargent de refinancer les banques commerciales suivant ce mécanisme, avec l'assentiment de la BCE. La BCE admet que, d'une manière générale, les risques associés aux procédures de prêt d'urgence ne sont pas totalement couverts par l'apport de garanties. "Même après application de mesures de contrôle du risque, il demeure des risques résiduels, remarque-t-elle. (Francesco Canepa, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • M8637171 le mardi 7 juil 2015 à 15:02

    Enfin des propos justes et honnêtes. Quelle que soit les élucubrations des parasites politiciens, les faits restent.

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