La BCE évoque un impact significatif du Brexit sur la zone euro

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 (Actualisé avec déclarations supplémentaires, contexte) 
    par Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 7 juillet (Reuters) - Un vote des Britanniques en 
faveur d'une sortie de l'Union européenne pourrait avoir un 
impact négatif significatif sur la zone euro et affaiblir 
davantage ses perspectives de croissance, pensent les 
gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) selon le 
compte-rendu, publié jeudi, de leur réunion du 2 juin. 
    La croissance de la zone euro est freinée par la faiblesse 
du contexte international, en particulier dans les pays 
émergents, et par la poursuite des efforts de désendettement des 
entreprises, ont conclu les gouverneurs de la BCE, pour qui les 
risques restent baissiers. 
    Cette réunion s'est tenue avant la victoire des partisans 
d'une sortie de l'UE lors du référendum en Grande-Bretagne le 23 
juin, qui a fait chuter certains marchés mais aussi provoqué une 
baisse des rendements de nombreuses obligations souveraines, une 
évolution qui va dans le sens de la politique monétaire de la 
BCE. 
    "Dans le cas où le Royaume-Uni voterait en faveur d'une 
sortie, c'est-à-dire un "Brexit", il pourrait y avoir des 
répercussions négatives significatives, quoique difficiles à 
anticiper, dans la zone euro via un certain nombre de canaux, 
notamment les relations commerciales et les marchés financiers", 
est-il écrit dans ce compte-rendu. 
    La BCE, dont le ton prudent rappelle celui de la Réserve 
fédérale américaine, a dit qu'il faudrait du temps pour mesurer 
pleinement les effets de ses nouvelles mesures d'assouplissement 
monétaire, déjà dévoilées mais pas encore mises en oeuvre au 
moment de cette réunion, notamment les rachats d'obligations 
d'entreprises et un nouveau cycle de prêts à très bas taux. 
    Dans les "minutes" de sa réunion des 14 et 15 juin publiées 
mercredi, la Fed a dit de son côté qu'elle ne relèverait pas ses 
taux d'intérêt tant qu'elle n'aurait pas une vision plus claire 
des conséquences du référendum britannique sur l'appartenance du 
Royaume-Uni à l'Union européenne (UE).   
     
    LA BCE PRÊTE À UTILISER TOUS SES INSTRUMENTS 
    Le président de la BCE Mario Draghi a récemment déclaré que 
le Brexit aurait un impact négatif cumulé sur la croissance en 
zone euro de 0,3% à 0,5% sur les trois prochaines années. 
  
    Les responsables de la politique monétaire ont réaffirmé que 
la banque centrale était prête à utiliser tous les instruments à 
sa disposition dans le cadre de son mandat si cela s'avère 
nécessaire au vu des perspectives d'inflation en zone euro. 
    Pour la BCE, l'un des problèmes principaux pourrait être la 
fuite des investisseurs vers les obligations souveraines les 
mieux notées constatée depuis le référendum en Grande-Bretagne, 
un mouvement qui limite le montant des obligations disponibles 
dans le cadre de son programme de rachat d'actifs de 1.740 
milliards d'euros. 
    Près du tiers des obligations de la zone euro ne sont plus 
éligibles à ce programme dit d'assouplissement quantitatif car 
leur rendement est inférieur au taux de dépôt de la BCE qui est 
de 0,4%, selon des données de Tradeweb publiées jeudi. 
  
    D'après le compte-rendu de la réunion de la BCE, un 
participant a remarqué que les marchés s'attendaient à ce qu'il 
soit difficile de trouver suffisamment de dette souveraine à 
acquérir, ce qui pourrait accentuer la volatilité des cours. 
    Bien qu'elle puisse acquérir d'autres actifs si elle ne 
trouve pas assez de dette souveraine, la BCE a noté que les 
investisseurs restaient attachés à certains segments du marché 
et que la composition des achats restait de ce fait importante.  
    Certains analystes s'attendent à ce que la banque centrale 
manque bientôt de dette allemande, irlandaise et portugaise à 
acquérir en raison des limites qu'elles s'est fixées, ce qui 
pourrait l'obliger à modifier légèrement certains de ses 
critères si elle veut continuer à atteindre son objectif de 80 
milliards d'euros d'achats d'actifs par mois jusqu'en mars 2017, 
date à laquelle le programme actuel doit prendre fin. 
    Toute extension du programme, anticipé par de nombreux 
analystes, obligerait presque certainement la BCE à modifier les 
limites qu'elle s'est imposées ou la répartition des actifs 
qu'elle peut acheter. 
 
 (Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français) 
 
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  • phili646 il y a 5 mois

    Il y aura un impact négatif sur l'UE c'est indéniable, mais les british sont en première ligne !!!

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