La BCE étudie ses options pour la poursuite du QE

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    * Taux directeurs inchangés 
    * Pas de modification du programme d'achats d'actifs(QE) 
    * Graphique sur le programme d'achats de la BCE: 
    * http://tmsnrt.rs/2c5Hl2G 
 
 (Actualisé avec la conférence de presse) 
    par Balazs Koranyi et Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 8 septembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) étudie d'éventuelles modifications à apporter 
aux règles qui régissent son programme de rachats d'actifs, a 
déclaré jeudi son président alors que l'inflation au sein de la 
zone euro demeure nettement inférieure à l'objectif à moyen 
terme de l'institution.  
    Mario Draghi n'a toutefois pas confirmé une possible 
extension du programme d'achats d'actifs de 80 milliards d'euros 
par mois, réaffirmant qu'il continuerait jusqu'en mars 2017 et 
au-delà si nécessaire.  
    "Le Conseil des gouverneurs a chargé les comités concernés 
d'évaluer les options permettant d'assurer le bon déroulement du 
programme d'achats", a déclaré Mario Draghi lors de la 
traditionnelle conférence de presse qui suit les réunions de 
politique monétaire. 
    La BCE a laissé ses taux directeurs inchangés comme attendu. 
Le taux de refinancement a été maintenu jeudi à 0,0%, le taux de 
facilité de dépôt à -0,40% et le taux de prêt marginal à 0,25%, 
niveaux auxquels ils avaient été ramenés le 10 mars. 
    Elle a marginalement abaissé sa prévision de croissance au 
sein de la zone euro pour 2017 et 2018 et mis en garde contre 
des risques à la baisse, citant notamment l'incertitude liée au 
Brexit. Mais Mario Draghi a déclaré qu'aucune action n'était 
nécessaire pour l'instant.  
    "Pour le moment, les changements (dans les projections) ne 
sont pas suffisamment importants pour justifier une décision 
d'agir. Nous constatons que notre politique monétaire est 
efficace", a-t-il dit.  
    L'euro a atteint un plus haut de deux semaines, les 
rendements obligataires se sont tendus et les marchés actions de 
la zone euro ont reculé après que Mario Draghi eut confirmé que 
la question d'une prolongation du programme d'achats d'actifs 
n'avait pas été débattue par le Conseil des gouverneurs.  
    La BCE espère raviver l'inflation et la croissance au sein 
de la zone euro, plombées par près d'une décennie de crises et 
de marasme économique grâce à sa politique de taux d'intérêt 
négatif et d'assouplissement quantitatif (QE).  
     
    AJUSTEMENTS NECESSAIRES 
    Après 18 mois d'achats d'actifs, principalement 
d'obligations souveraines de la zone euro, la taille de son 
bilan a franchi le seuil des 1.000 milliards d'euros la semaine 
dernière mais l'inflation ne dépasse pas 0,2% en rythme annuel, 
bien en desous de l'objectif d'une hausse des prix inférieure 
mais proche de 2% à moyen terme.  
    Un prolongation du programme d'achats fait débat car elle 
risque d'accentuer encore les distorsions de prix alors que la 
BCE est confrontée à la pénurie de certains des actifs 
éligibles. Elle a ainsi été contrainte d'interrompre ses achats 
en Estonie et n'a pas trouvé le mois dernier de titres 
luxembourgeois à acquérir.  
    En conséquence, les spéculations vont bon train sur une 
adaptation des règles qu'elle s'est donnée pour la mise en 
oeuvre de son programme, surtout si elle est amenée à le 
prolonger d'ici la fin de cette année comme cela est largement 
attendu. 
    La BCE pourrait ainsi assouplir les dispositions lui 
interdisant d'acheter des titres au rendement inférieur à son 
taux de dépôt et d'acquérir plus de 33% d'une ligne obligataire 
spécifique, estiment les observateurs. 
    Mais des changements plus radicaux avec l'achat de nouvelles 
catégories d'actifs comme des obligations bancaires, des prêts 
non performants voire à l'extrême des actions, sont aussi 
évoqués.  
    Toute modification risque cependant de raviver l'opposition 
des responsables monétaires les plus orthodoxes de la BCE et 
même de membres plus modérés du Conseil des gouverneurs qui 
s'inquiètent des conséquences négatives indésirables des mesures 
de stimulation monétaire non conventionnelle.  
    La BCE a relevé sa prévision de croissance du produit 
intérieur brut (PIB) de la zone euro à 1,7% cette année contre 
une précédente prévision à 1,6% en juin.  
    Elle s'attend en revanche à une croissance de 1,6% en 2017 
et en 2018, contre 1,7% précédemment dans les deux cas. 
    Concernant l'inflation, l'institut de Francfort la voit 
toujours à 0,2% cette année. Elle l'attend à 1,2% en 2017, 
contre 1,3% précédemment, mais la prévision pour 2018 n'a pas 
changé, à 1,6%. 
    Mario Draghi a par ailleurs appelé de nouveau à des réformes 
structurelles au sein de la zone euro, soulignant que leur 
rythme devait être "significativement accéléré".  
    "Les politiques budgétaires doivent soutenir la reprise 
économique" a-t-il aussi déclaré faisant écho à un message 
largement diffusé par les banquiers centraux lors de leur 
symposium annuel fin août à Jackson Hole aux Etats-Unis.  
 
 (Bertrand Boucey et Marc Joanny pour le service français, édité 
par Wilfrid Exbrayat) 
 
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