La BCE est prête à agir en mars, dit Draghi

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 (Actualisé avec autres déclarations, contexte) 
    FRANCFORT, 15 février (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) est prête à assouplir davantage sa politique 
monétaire le mois prochain si les turbulences sur les marchés 
financiers ou la faiblesse des prix de l'énergie contribuent à 
réduire les anticipations d'inflation dans la zone euro, a 
déclaré lundi Mario Draghi. 
    "Premièrement, nous allons examiner la vigueur de la 
transmission de la faible inflation importée sur les salaires et 
la formation des prix et sur les anticipations d'inflation", a 
dit le président de la BCE lors d'une audition devant la 
commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement 
européen. 
    "Deuxièmement, à la lumière des récentes turbulences 
financières, nous allons analyser la qualité de la transmission 
de nos incitations monétaires par le système financier et par 
les banques en particulier", a-t-il ajouté. 
    "Si l'un de ces deux facteurs entraîne des risques baissiers 
sur la stabilité des prix, nous n'hésiterons pas à agir." 
    La BCE a abaissé en décembre son taux de dépôt de 10 points 
de base, à -0,3%, et prolongé de six mois, jusqu'en mars 2017, 
son programme d'assouplissement quantitatif (QE), consistant en 
des rachats d'actifs, essentiellement des obligations publiques, 
pour un montant mensuel de 60 milliards d'euros. 
    Malgré cela, un indicateur très suivi des anticipations 
d'inflation dans la zone euro, le point mort d'inflation 
anticipé à cinq ans dans cinq ans, est tombé la semaine dernière 
à 1,4740%  EUIL5YF5Y=R , un plus bas historique, reflétant les 
doutes des investisseurs quant à l'évolution de la croissance et 
des prix.   
    L'objectif de la BCE est une inflation légèrement inférieure 
à 2%. D'après les dernières statistiques publiées, la hausse des 
prix à la consommation dans la zone euro n'a été que de 0,2% sur 
un an en décembre, après +0,1% en novembre.  ID:nL8N14P1YE  
     
    LA SITUATION DES BANQUES S'EST AMÉLIORÉE, DIT DRAGHI 
    Les marchés s'attendent désormais à deux nouvelles baisses 
du taux de dépôt de la BCE, qui le ramènerait à -0,5% fin 2016, 
selon ce scénario. 
    Mario Draghi a déjà déclaré que la BCE pourrait recalibrer 
sa politique monétaire lors de la prochaine réunion de son 
conseil des gouverneurs le 10 mars. 
    Il a réitéré lundi son appel aux gouvernements de la zone 
euro pour qu'ils accompagnent les efforts de la BCE par le biais 
de politiques budgétaires favorables à l'investissement public 
et à un allègement de la fiscalité. 
    Outre la persistance d'une inflation basse, phénomène 
amplifié par le raffermissement de 3% de l'euro depuis le début 
de l'année  EUR= , la BCE est confrontée à un mouvement de 
défiance à l'égard des banques européennes, dont les cours de 
bourse se sont effondrés ces dernières semaines, ce qui pourrait 
limiter leur capacité à distribuer du crédit et réduire l'impact 
des mesures prises par l'institut de Francfort. 
    "La situation dans le secteur bancaire est aujourd'hui très 
différente de ce qu'elle était en 2012", a dit Mario Draghi. 
"Plus important peut-être, les banques de la zone euro ont 
renforcé de manière significative leurs bilans ces dernières 
années." 
    Certains établissements doivent néanmoins affronter un 
certain nombre de défis, comme l'incertitude relative aux frais 
pour litige et aux coûts de restructuration ou un stock 
important de créances douteuses, a ajouté le président de la 
BCE. 
 
 (Balazs Koranyi, Francesco Canepa et Francesco Guarascio; 
Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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