La BCE envisageait plus avant de se résoudre au compromis-sces

le
0
    FRANCFORT, 9 décembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) avait envisagé une solution plus tranchée pour 
son programme d'assouplissement quantitatif (QE) que ce qui a 
été annoncé jeudi mais elle est revenue en arrière sous la 
pression de ses membres les plus conservateurs, ont déclaré deux 
sources au fait du dossier vendredi. 
    La BCE ramènera le montant mensuel consacré à ses rachats 
d'actifs à 60 milliards d'euros à partir d'avril, contre 80 
milliards pour l'instant, même si elle prévoit de les prolonger 
jusqu'à la fin de l'an prochain au moins.   
    Les travaux des équipes de la BCE portaient à l'origine sur 
une prolongation du QE de six mois au rythme habituel de 80 
milliards d'euros par mois mais le président Mario Draghi a 
admis que cette proposition ne recueillait pas la majorité des 
voix et il a choisi la voie du compromis. 
    La BCE a alors suggéré une prolongation de 12 mois au rythme 
de 60 milliards d'euros mensuels tandis que les membres les plus 
rigoristes de l'institution optaient pour six mois à ce rythme 
seulement.  
    Tout cela pour aboutir au compromis de neuf mois, laissant 
la Bundesbank insatisfaite mais se ralliant d'autres instituts 
d'émission conservateurs, ont expliqué les sources. 
    La BCE s'est abstenu de tout commentaire. 
    Pour les rigoristes de la BCE, conserver un rythme de 80 
milliards d'euros mensuels aurait donné l'impression que le 
programme de rachats d'actifs serait sans fin et cela n'aurait 
pas aidé à y mettre un terme car il aurait fallu en passer soit 
par une longue période de transition soit par une réduction 
brutale qui aurait pu déstabiliser les marchés. 
    Ils faisaient également valoir que les perspectives 
d'inflation et de croissance n'étaient pas si moroses que cela 
et qu'en conséquence la BCE devait préserver une partie de sa 
puissance de feu en cas de nouveau choc sur l'inflation. 
    Toute modification du programme de rachat d'actifs comporte 
des risques et suscite de l'opposition mais l'initiative 
annoncée jeudi repose sur des mesures qui ont suscité 
relativement peu de controverses. 
    La résistance allemande est particulièrement farouche sur 
deux fronts, celui du relèvement du plafond par emprunteur, qui 
permettrait à la BCE d'acheter plus de 33% de la dette de chaque 
pays, et celui de l'abandon de la clé de répartition, qui 
autoriserait la BCE à racheter des obligations au-delà de la 
quote part de chaque pays dans son capital. 
    Relever le plafond par emprunteur pourrait valoir à la BCE 
l'accusation de financer les Etats, ce qui lui est interdit. 
Mais le garder en l'état implique que la banque centrale 
réduise, voire cesse, tout achat de dette irlandaise ou 
portugaise par exemple, voire même, en bout de course, 
allemande.     
 
 (Jeremy Gaunt, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité 
par Marc Joanny) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant