La BCE envisage l'achat de créances douteuses italiennes-Trésor

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    par Giuseppe Fonte et Francesco Canepa 
    ROME/FRANCFORT, 12 février (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) est en discussions avec le gouvernement italien 
sur l'achat éventuel de portefeuilles de créances douteuses dans 
le cadre de son programme d'achats d'actifs et sur l'acceptation 
de ces titres comme garantie des banques dans ses opérations de 
refinancement, a déclaré le Trésor italien. 
    Une telle démarche pourrait donner un élan important à la 
mise en oeuvre de l'accord conclu récemment entre Rome et la 
Commission européenne pour tenter de libérer les banques 
italiennes d'une partie de leurs 200 milliards d'euros de 
créances douteuses, afin de leur permettre d'augmenter leurs 
prêts aux entreprises et aux ménages.  
    Elle risquerait néanmoins d'alimenter, dans d'autres pays de 
la zone euro, le débat sur les risques que prendrait la BCE en 
achetant des titres adossés à des actifs (asset-backed 
securities, ABS) intégrant des prêts en situation d'arriérés.  
    Des responsables du Trésor italien ont déclaré à des 
journalistes que la BCE pourrait acheter de tels ABS dans le 
cadre de son programme d'achats d'actifs, d'un montant global 
prévu d'environ 1.500 milliards d'euros, ou qu'elle pourrait 
accepter que des banques italiennes les apportent comme garantie 
dans ses opérations de refinancement.  
    La BCE s'est refusée à tout commentaire. 
    Une source de la BCE avait déclaré en novembre que l'achat 
de créances à risque pourrait être une option de dernier recours 
pour la banque centrale si la situation économique de la zone 
euro devenait "vraiment mauvaise".  
    Depuis novembre 2014, selon les données de Datastream, la 
BCE a acheté en moyenne pour 1,19 milliard d'euros d'ABS par 
mois, la grande majorité de ses achats se portant sur des titres 
adossés à des prêts de qualité.  
    Les règles actuelles autorisent l'institution à acheter des 
ABS à condition qu'ils soient notés au-dessus d'un certain 
seuil, afin que la qualité de son bilan ne soit pas dégradée.  
    Ce principe implique qu'elle ne peut acheter que des 
tranches "senior" d'émissions de titres, c'est à dire les 
dernières à devoir supporter des pertes en cas de 
non-remboursement de certains des prêts du portefeuille titrisé. 
    Il restreindrait donc le champ potentiel des ABS italiens 
susceptibles d'être rachetés par la BCE.  
    Les banques italiennes pourraient toutefois améliorer la 
notation de leurs tranches senior en achetant la garantie de 
l'Etat, à condition qu'au moins la moitié des tranches "junior" 
soient vendues.  
     
 
 (avec John O'Donnell; Marc Angrand pour le service français) 
 
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