La BCE envisage des baisses de taux et des mesures ciblées

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LA BCE ENVISAGE DES BAISSES DE TAUX ET DES MESURES CIBLÉES
LA BCE ENVISAGE DES BAISSES DE TAUX ET DES MESURES CIBLÉES

par Andreas Framke et Paul Carrel et John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) prépare un ensemble de mesures susceptibles d'être annoncées à l'issue de sa réunion de juin, incluant la possibilité d'une baisse de ses trois taux directeurs et celle de mesures ciblées visant à favoriser le crédit aux petites et moyennes entreprises

Cinq sources informées des mesures en préparation ont détaillé mercredi des projets parmi lesquels figure celui d'un taux de dépôt négatif, ce qui serait une première dans l'histoire de l'institution.

Ces mesures permettront de soutenir l'activité dans la zone euro mais ne s'apparentent pas pour autant à un programme d'assouplissement qui revient, comme la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon, à faire tourner la planche à billets.

L'euro n'a guère réagi aux informations de Reuters, se maintenant à 1,3718 dollar (+0,1%), non loin d'un creux de cinq semaines touché mardi face au billet vert.

Il est vrai que la monnaie unique a déjà perdu 2% depuis jeudi quand Mario Draghi, président de la BCE, a dit que l'institut d'émission était prêt à prendre des mesures de soutien à l'économie dès juin si les projections actualisées en matière d'inflation en suggéraient la nécessité.

La BCE redoute à la fois que la vigueur de l'euro, qui s'était rapproché la semaine dernière du seuil symbolique de 1,40 dollar, et la faiblesse de l'inflation ne pèsent sur la timide reprise qui semble s'installer dans la zone euro.

En avril, à 0,7%, l'inflation est remontée légèrement au-dessus de son plus bas depuis 2009 de 0,5% touché en mars, mais elle reste largement en dessous de l'objectif de la BCE d'une hausse des prix à la consommation légèrement en deçà de 2%.

UN TAUX NÉGATIF POUR INCITER LES BANQUES À PRÊTER

Une baisse de taux en juin est "plus ou moins acquise", a dit à Reuters l'une des cinq sources, qui a requis l'anonymat.

Une autre source a déclaré: "Ce sera la première grande banque centrale à passer à un taux des dépôts négatif. Cela ferait bouger le taux de change."

La banque centrale suédoise avait brièvement fixé un taux des dépôts négatif au coeur de la crise financière de 2007-2009. Son homologue danoise a porté ce taux à 0,05% en avril après l'avoir laissé en territoire négatif pendant près de deux ans.

Les deux sources ont évoqué une baisse de 10 à 20 points de base qui pourrait concerner les trois taux directeurs de la BCE. Le principal d'entre eux, le taux de refinancement, est actuellement fixé à 0,25%. Le taux des depôts de la BCE est à zéro.

Comme, en cas de taux des dépôts négatif, les banques devront payer pour parquer leurs liquidités à la BCE, l'objectif d'une telle mesure est de les inciter à prêter davantage, même si, comme le notent les analystes, il est difficile d'anticiper leur réaction.

La BCE a refusé de commenter ces informations.

Ceci étant dit, dans le cadre d'un entretien publié mercredi par Die Zeit, Peter Praet, membre du directoire de la BCE, déclare que cette dernière pourrait faire passer son taux des dépôts en territoire négatif dans le cadre d'un ensemble de mesures de politique monétaire.

En février, Benoît Coeuré, autre membre du directoire de la BCE, avait dit à Reuters qu'un taux des dépôts négatif était une option "tout à fait imaginable" tout en disant qu'il ne fallait pas "trop attendre" d'une telle mesure.

ENCOURAGER LES PRÊTS AUX PME

Selon les sources, la BCE envisage aussi soit une nouvelle opération de refinancement à plus long terme (LTRO), soit l'annonce d'un plan d'achat de titres adossés à des actifs (ABS) ciblant des portefeuilles de prêts aux PME.

Un nouveau LTRO serait assorti de conditions visant à obtenir une augmentation des prêts bancaires aux PME.

"Il faut une durée minimale de trois ans pour espérer doper les prêts aux petites et moyennes entreprises. Cela pourrait même être plus long", a dit l'une des sources.

L'alternative à un LTRO ciblé pourrait être un programme de rachats d'ABS, qui verrait la BCE racheter des ensembles de prêts aux PME. L'idée est d'élargir, de rendre plus liquide le marché des crédits aux PME, qui forment l'ossature de l'économie de la zone euro et représentent le gisement principal des créations d'emplois.

Une des cinq sources a précisé que le programme d'ABS était sur la table mais ajouté que, dans la mesure où il ne serait pas opérationnel avant un certain temps, il pourrait ne pas être annoncé en juin. "Il faut s'attendre (lors de la réunion de juin) à un LTRO dont l'échéance pourrait même être au-delà des trois ans", a ajouté la source.

Même si Mario Draghi, dans le passage en revue des scénarios possibles pour la zone euro, avait évoqué le 24 avril un "programme de rachat d'actifs de portée élargie", la BCE est encore loin d'un assouplissement quantitatif.

Peter Praet, à l'instar du président de la BCE, a dit que l'institut d'émission n'aurait recours à un tel programme que si "l'évolution de l'inflation de la zone euro était vraiment pire que nous le pensions".

Une des sources interrogées par Reuters a cependant noté que d'autres mesures de soutien pouvaient être examinées par la BCE plus tard cette année. "Il ne s'agit pas encore d'assouplissement quantitatif (...) Mais on pourrait imaginer d'autres choses si elles sont bien préparées".

(Marc Angrand et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • M9385839 le mercredi 14 mai 2014 à 12:40

    les banques prêtent trop facilement depuis un paquet de temps..qd j entend dire qu elle ne prêtent pas lol peut être a un chômeur ou cancéreux en phase terminal ....et encoreallez ds une agence bancaire et sollicitez les ... ils disent oui a ts les coups et meme peut etre une ptite gâterie si vous n allez pas voir la concurence

  • M4630859 le mercredi 14 mai 2014 à 12:36

    La crise a été crée car les banques prêter trop facilement, on leur a donc mis des règles pour qu'elles arrêtent de prêter quand c'est trop risqué, et maintenant ont leur demande de prêter plus, tout en lançant des test pour bien vérifier qu'elles respectent les règles.

  • M4630859 le mercredi 14 mai 2014 à 12:34

    Si vous avez de l'argent, alors prêter-le, à un commerce en difficulté près de chez vous ou à une petite entreprise qui n'arrive pas à s'en sortir. Sinon, vous ne valez pas mieux que les banques. De plus, ont les a obliger à réduire leur risque avec les nouvelles normes.

  • PHMAUVE le mercredi 14 mai 2014 à 12:23

    Clip de campagne http://www.upr.fr/videos/emissions-radio-tv/clip-campagne-lupr-2014-les-elections-europeennes-mai-2014

  • M9385839 le mercredi 14 mai 2014 à 12:07

    on file du fric aux banques à gogo pour faire mumuse et faire léviter la bulle boursière et obligataire.....

  • Mig737 le mercredi 14 mai 2014 à 12:07

    Comme, en cas de taux des dépôts négatif, les banques devront payer pour parquer leurs liquidités à la BCE, l'objectif d'une telle mesure est de les inciter à prêter davantage => Il est où le problème, les banques ont de l'argent, qu'elle le prète, c'est leur boulot!

  • rj99 le mercredi 14 mai 2014 à 12:05

    @brenot : Remarque très intéressante ! du hollande avec ça on peu prédire un avenir catastrophique à l'Europe entre ceux qui gèrent de façon sévère pour l'intérêt des investisseurs (à ne pas négliger mais quand même) et ceux qui veulent vivre à crédit sans même rembourser (Dont les français) on est mal barré pour s'entendre sur des solutions raisonnables

  • brenot le mercredi 14 mai 2014 à 12:02

    La BCE envisage, parle mais n'agit pas ... on croirait du Hollande.

  • M7210200 le mercredi 14 mai 2014 à 10:56

    LTRO ou comment donné de l'argent aux bankster pour racheter des obligations d'etat remunéré 4% , cette europe est moribonde et la crise russe l'achevera

  • mlemonn4 le mercredi 14 mai 2014 à 10:54

    Il est bientot temps pour l'économique et le social avant que tout cela ne leur explose à la figure à tous ces politicards et affairistes; c'est vrai que M. Dragi a préféré être au chevet des banques et des financiers pour éponger leurs pertes de spéculation au détriment des mesures pour l'économie et les peuples des pays européensMais aux prochaines élections, les chaises vont trembler et l'Europe technocrate va avoir du souci à se faire si les politiques continuent à vouloir jouer contre eux