La BCE envisage de prêter davantage d'obligations-sources

le
0
    par Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 23 novembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) étudie les moyens d'augmenter ses prêts 
d'obligations souveraines pour éviter un gel du marché des 
financements à court terme, estimé à 5.500 milliards d'euros, 
a-t-on appris de plusieurs sources au sein de l'Eurosystème. 
    La BCE a acheté pour plus de 1.000 milliards d'euros 
d'obligations émises par des pays de la zone euro dans le cadre 
de sa politique d'assouplissement quantitatif (QE), qui vise à 
favoriser l'activité économique et la remontée de l'inflation.  
    La majeure partie de ces titres reste pour l'instant dans 
son bilan, avec pour conséquence une raréfaction d'un ingrédient 
clé des opérations de "repo", ou pension livrée, interbancaires, 
dans lesquelles des institutions financières procèdent pour une 
période donnée à un échange de liquidités contre des titres, ces 
derniers étant généralement des obligations d'Etat bien notées.  
    Les opérations de "repo" sont utilisées entre autres par des 
fonds d'investissement pour financer leurs opérations de trading 
et la BCE les considère comme l'un des principaux canaux de 
transmission de sa politique de soutien à l'économie. 
    Un gel du marché des "repo" risquerait donc de nuire à 
l'efficacité de la politique monétaire en freinant les prêts 
entre institutions financières et en exposant les marchés 
obligataires à des mouvements brusques. 
    Pour prévenir de tels risques, la BCE veut faciliter 
l'emprunt par les banques des obligations qu'elle détient afin 
que ces titres puissent être utilisés comme collatéral pour des 
prêts repo, ont dit les sources. 
     
    LE SUJET SERA AU MENU DE LA RÉUNION DU 8 DÉCEMBRE 
    Les changements à l'étude incluent la réduction du coût de 
ces opérations de prêt en cas de retard dans la restitution des 
titres empruntés, l'acceptation de nouveaux collatéraux et 
l'extension de la durée des prêts. 
    "Si la liquidité se tarit, il y aura davantage de défauts et 
les banques seront plus prudentes en matière d'animation du 
marché", a dit l'une des sources. 
    Les sources ont précisé que le sujet serait débattu lors de 
la réunion de politique monétaire du 8 décembre, lors de 
laquelle le Conseil des gouverneurs doit décider d'une 
éventuelle prolongation des achats d'obligations au-delà de 
mars. 
    Les décisions sur les prêts d'obligations dépendront des 
choix faits sur le QE mais elles pourraient n'être adoptées 
qu'après la réunion de décembre. 
    La BCE a refusé de s'exprimer sur le sujet, tout comme la 
Bundesbank allemande. 
    C'est en Allemagne, le seul grand pays de la zone euro noté 
"triple A" par les grandes agences, que le risque de raréfaction 
est le plus élevé puisque la BCE détient plus d'un quart de 
l'encours global d'obligations émises par Berlin, ce qui oblige 
les fonds à payer jusqu'à 1,5% pour emprunter une obligation à 
dix ans, contre environ 0,4% il y a un an, selon les données 
Icap. 
    Mais une éventuelle décision du Conseil des gouverneurs de 
la BCE devrait être mise en oeuvre par les banques centrales 
nationales, qui détiennent la majeure partie des titres acquis 
dans le cadre du QE, ce qui pourrait conduire certaines à 
s'opposer à des mesures trop radicales, estiment certaines 
sources. 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux