La BCE en soutien à Draghi après la déception de jeudi

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    * Plusieurs dirigeants défendent les décisions annoncées 
jeudi 
    * Certains reconnaissent des maladresses dans la 
communication 
    * Certains investisseurs continuent de douter 
 
    par John O'Donnell et Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 11 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) s'est employée vendredi à convaincre des investisseurs 
sceptiques du bien-fondé des décisions annoncées la veille, dont 
l'effet sur les marchés a été très vite occulté par les 
déclarations de son président, Mario Draghi, laissant entendre 
que les taux d'intérêt ne baisseraient plus.  
    Plusieurs dirigeants de la BCE ont exprimé - en public ou en 
coulisse - leur soutien aux mesures dévoilées jeudi, même si 
certains ont admis que la BCE avait elle-même brouillé son 
message aux marchés.  
    Peu après l'annonce des mesures adoptées par le Conseil des 
gouverneurs, qui incluent une baisse des trois taux directeurs 
de l'institution, une augmentation de ses achats mensuels sur 
les marchés et de nouveaux prêts à long terme aux banques, Mario 
Draghi a surpris les marchés en semblant exclure toute réduction 
supplémentaire des taux.   
    Ses propos ont déclenché un rebond rapide des rendements 
obligataires et de l'euro, soit le mouvement inverse à celui 
qu'auraient dû provoquer les décisions du Conseil, une partie 
des observateurs en ayant déduit que la BCE était désormais à 
court de munitions.  
    Vendredi, le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, a 
pris une initiative inhabituelle en publiant sur le site 
internet de l'institution une tribune intitulée "Plaidoyer pour 
la politique monétaire", dans laquelle il souligne qu'il existe 
des limites aux taux négatifs, tout en ajoutant qu'une banque 
centrale dispose d'autres moyens d'action. 
     
    LE SOUTIEN SE POURSUIVRA, ASSURE LIIKANEN 
    "Bien entendu, toute politique a ses limites", écrit-il.  
    "S'agissant des instruments auxquels nous recourons 
actuellement, c'est particulièrement vrai pour les taux 
d'intérêt négatifs de notre facilité de dépôt", ajoute-t-il en 
référence au taux appliqué aux dépôts des banques commerciales 
auprès de la banque centrale, abaissé jeudi à -0,4%. 
     Plus direct encore, Vitor Constancio estime qu'"il est non 
seulement erroné de commencer à critiquer la politique 
monétaire, mais également dangereux". 
    De son côté, Erkki Liikanen, le gouverneur de la banque 
centrale finlandaise, a assuré que la BCE n'avait pas épuisé 
tous les instruments à sa disposition et qu'elle continuerait de 
soutenir l'économie jusqu'à ce qu'elle atteigne son objectif 
d'une inflation proche de 2%.  
    "Nous avons fait ce qui était indispensable dans la 
situation actuelle mais il est clair que la capacité de la BCE à 
agir n'est pas épuisée", a-t-il dit à la chaîne de télévision 
finlandaise MTV. "Nous disposons de la capacité et des 
instruments si nécessaire." 
    "Nous continuerons d'agir jusqu'à ce que l'inflation soit 
proche de mais inférieure à 2% à moyen terme. C'est un 
engagement fort et nous maintiendrons les taux d'intérêt aux 
niveaux actuels ou en dessous pendant une période prolongée." 
    Sur la même ligne, une source informée des réflexions au 
sein de la BCE a dit que celle-ci pouvait encore assouplir sa 
politique monétaire et qu'elle s'employait à aider les 
investisseurs à mieux comprendre les mesures déjà mises en 
oeuvre. 
    
    LA BCE "AU BOUT DE LA ROUTE" ?  
    Mario Draghi a aussi trouvé un soutien inhabituel en la 
personne d'Ilmars Rimsevics, le président de la banque centrale 
lettone, l'un des membres du Conseil des gouverneurs les plus 
ouvertement sceptiques sur la politique actuelle.  
    "L'argent est devenu moins cher", a-t-il déclaré à la 
télévision lettone en parlant d'un ensemble de mesures positif. 
"Il s'agit d'une situation sans précédent, dans laquelle la 
Banque centrale européenne (...) prête de l'argent aux banques 
commerciales à un taux d'intérêt nul." 
    Si les marchés actions sont repartis à la hausse vendredi 
tandis que l'euro abandonnait face au dollar une partie du 
terrain gagné la veille, les efforts des dirigeants de la BCE 
n'ont pas encore convaincu tous les observateurs sceptiques.  
    "La réaction (...) montre que ces types commencent à perdre 
de leur pouvoir sur le marché", estime ainsi Stewart Richardson, 
directeur du gestionnaire de fonds RMG Wealth Management.  
    "C'est une évolution réellement préoccupante car s'ils 
perdent le contrôle du marché, la partie sera perdue. Nous 
sommes au bout de la route en terme de gestion par les banques 
centrales." 
    Des doutes s'expriment aussi, y compris au sein de la BCE, 
quant à la capacité de l'institution à faire remonter 
l'inflation vers son objectif d'un taux inférieur à mais proche 
de 2%.  
    "La BCE doit se demander si une inflation de 2% est 
réaliste", a ainsi déclaré Luc Coene, un ancien membre du 
Conseil des gouverneurs, au quotidien économique belge De Tijd.  
    Quant à Ilmars Rimsevics, il a laissé entendre que le plan 
annoncé jeudi pourrait constituer la dernière dose de stimulants 
injectée dans l'économie de la zone euro.  
    "Espérons qu'il permettra au moins de stabiliser la 
situation", a-t-il dit. "Malheureusement, il n'y a plus d'autre 
médicament indolore." 
      
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
L'intégralité de la tribune de Vitor Constancio     http://www.ecb.europa.eu/press/inter/date/2016/html/sp160311_1.fr.html 
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (Francesco Canepa, Marc Angrand pour le service français, édité 
par Marc Joanny) 
 
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