La BCE douche les spéculations sur des seuils de taux d'intérêts

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LA BCE ÉVOQUE DES SPÉCULATIONS TROMPEUSES À PROPOS DU SPIEGEL
LA BCE ÉVOQUE DES SPÉCULATIONS TROMPEUSES À PROPOS DU SPIEGEL

FRANCFORT/BERLIN (Reuters) - La Banque centrale européenne a promptement douché lundi les spéculations sur la forme que pourrait prendre le nouveau plan de rachats d'obligations qu'elle envisage, déclarant qu'il est "trompeur" de parler de décisions qui n'ont pas encore été prises.

Dimanche, le magazine allemand Der Spiegel a rapporté que la BCE envisageait de fixer des seuils de taux d'intérêt pour les obligations souveraines de pays en difficulté et qu'elle ne rachèterait ces obligations que si elles étaient assorties d'un taux dépassant un certain seuil de prime par rapport au rendement du Bund équivalent.

"Il est absolument trompeur d'évoquer des décisions qui n'ont pas encore été prises, pas plus qu'elles n'ont été discutées par le conseil des gouverneurs de la BCE, qui interviendra strictement dans le cadre de son mandat", a déclaré un porte-parole de la BCE.

"S'agissant des déclarations de responsables gouvernementaux, il est également erroné de spéculer sur la forme que pourraient prendre des interventions futures de la BCE. La politique monétaire est indépendante et décidée strictement dans le cadre du mandat de la BCE", a-t-il ajouté.

Un porte-parole du ministère allemand des Finances, disant lundi matin n'être au courant d'aucun projet de la BCE sur les spreads de taux, avait estimé qu'"un tel instrument serait certainement très problématique".

L'euro a perdu du terrain après ces mises au point, touchant des plus bas de séance sous 1,23 dollar. A 13h30 GMT, il se traitait autour de 1,2315 dollar.

Le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à 10 ans, repassé ces derniers temps très en deçà de la barre des 7% jugés insoutenables à long terme, il est remonté à 6,35% alors qu'il s'inscrivait à 6,25% auparavant.

LA BUBA MAINTIENT SES CRITIQUES

De son côté, la Bundesbank a renouvelé lundi ses critiques envers le nouveau programme de rachat de titres souverains envisagé par la BCE pour diminuer les coûts d'emprunt des pays en difficulté, faisant valoir que cela s'apparenterait à un refinancement monétaire des gouvernements et irait donc à l'encontre de la législation européenne.

"La Bundesbank reste critique sur les rachats d'obligations souveraines de l'eurosystème, qui s'accompagnent de risques considérables pour la stabilité", écrit la banque centrale allemande dans son bulletin mensuel.

"Les décisions sur une possible mutualisation élargie des risques de solvabilité devraient (passer par) les gouvernements et les parlements, et ne devraient pas intervenir par le biais du bilan des banques centrales."

Malgré les réticences de la Bundesbank, la BCE a fait au début août un pas vers un nouveau programme de rachat d'obligations pour diminuer les coûts d'emprunt italiens et espagnols.

Son président Mario Draghi a cependant laissé entendre que la BCE n'interviendrait que si les pays en difficulté sur les marchés de dette en faisaient la demande et acceptaient de souscrire à des conditions strictes, une supervision européenne notamment.

La BCE n'a acheté aucune obligation souveraine la semaine dernière, préparant de ce point de vue ce nouveau mécanisme qui se déclenchera au gré des interventions des fonds de sauvetage européens et des décisions politiques.

La BCE n'a plus activé son Programme pour les marchés de titres (SMP) depuis 23 semaines. Le montant de titres rachetés dans le cadre du SMP, lancé en mai 2010, reste ainsi de 211,5 milliards d'euros.

PAS D'ASSOUPLISSEMENT D'AMPLEUR POUR ATHÈNES

En tant que première économie européenne, l'Allemagne est le principal contributeur aux plans de soutien mis en place par la zone euro, et l'impatience concernant les aides financières grandit dans l'opinion publique et la classe politique allemandes.

L'Allemagne ne modifiera pas sensiblement les accords passés avec la Grèce, a prévenu lundi le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle à l'issue d'une rencontre avec son homologue grec Dimitris Avramopoulos.

Le Premier ministre grec Antonis Samaras, cible du mécontentement social et politique en Grèce, devrait demander à ses partenaires européens une prolongation de deux ans du délai prévu pour instaurer des réformes d'austérité budgétaire imposées par ses créanciers internationaux.

Le Premier ministre grec rencontrera la chancelière Angela Merkel vendredi. Il verra aussi cette semaine le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le président François Hollande, qui le recevra samedi à l'Elysée.

Stephen Brown et Madeline Chambers, Nicolas Delame et Blandine Hénault pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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  • 1REK1 le lundi 20 aout 2012 à 15:57

    La BCE douche...les spéculateurs touchent en vadant un max et faisant tomber les cours!Le changement c'est maintenant...maintenant c'est quand? on a rien vu de différent, c'est toujours les mêmes qui gagnent, y compris l'Etat qui empoche ses taxes sur toutes ces opérations ! Donc on voit pas comment ça pourrait changer !

  • gustav10 le lundi 20 aout 2012 à 15:57

    Et les aller-retours de l'intox aux fausses infos continuent, pour le plus grand plaisir des spéculateurs, et pour le plus grans malheur de l'économie réelle.

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