La BCE doit revenir sur sa politique d'assouplissement-Mersch

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    FRANCFORT, 17 novembre (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) doit mettre fin progressivement à ses mesures 
de relance énergiques "dès que possible", même si cela prendra 
probablement du temps en raison du volume élevé d'obligations 
que l'institution de Francfort achète, déclare jeudi Yves 
Mersch, membre du directoire de la BCE. 
    Yves Mersch estime également que la perspective de 
politiques budgétaire et monétaire plus relâchées dans le monde, 
accompagnant une réglementation devenue plus souple, comme le 
préconise le président américain élu Donald Trump, risque de 
provoquer une nouvelle crise financière. 
    La politique d'assouplissement de la BCE, axée sur l'achat 
d'obligations et sur des taux d'intérêts négatifs, était 
appropriée lorsque la reprise dans la zone euro était hésitante, 
explique-t-il. 
    Mais à présent l'institution de Francfort doit mettre fin 
aussitôt que possible à cette politique au risque de donner aux 
pays de la zone euro de "mauvaises incitations", ce qui en fin 
de compte pourrait aller à l'encontre des règles de la BCE 
interdisant le financement monétaire des États. 
    "Nos mesures (...) ont été introduites comme des mesures 
temporaires et doivent être retirées dès que possible", a-t-il 
dit, lors d'une conférence à Francfort.  
    "Compte tenu du volume du programme d'achats cela prendra un 
certain temps mais le déploiement prolongé de nos achats 
d'actifs créerait, par exemple de mauvaises incitations au 
financement des Etats". 
    La BCE achète chaque mois pour 80 milliards d'euros 
d'actifs, principalement des emprunts d'État, dans l'espoir de 
porter l'inflation vers son objectif d'un peu moins de 2%.  
    Selon Yves Mersch, l'inflation dans la zone euro qui est 
actuellement de 0,5%, pourrait remonter à 1,9% en 2019.  
    Yves Mersch a par ailleurs dit que la BCE pourrait sous peu 
considérer que les taux d'intérêt ont atteint un creux, tout en 
restant "très prudente" dans l'ajustement de sa politique 
monétaire.  
    Prié de dire s'il pouvait déclarer que les taux d'intérêt ne 
baisseraient plus, Mersch a répondu: "À mon avis, nous ne sommes 
pas loin du point où nous pourrons le déclarer", tout en 
ajoutant: "La BCE sera très prudente dans l'ajustement de sa 
politique." 
    La croissance de la zone euro est encore fragile et 
l'inflation ne se redresse pas de manière durable mais en 
agissant trop tôt la BCE pourrait faire beaucoup de dégâts, 
a-t-il expliqué. 
    Il a également mis en garde contre les attentes excessives 
en ce qui concerne la réunion de décembre de l'institution, 
notant que la forte augmentation des rendements obligataires au 
cours des dernières semaines pourrait avoir un impact sur 
l'évaluation de la banque centrale. 
 
 (Balazs Koranyi; Claude Chendjou pour le service français, 
édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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