La BCE devra augmenter ses achats si elle prolonge le QE

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    * La BCE a promis de réinvestir ses achats arrivant à 
échéance 
    * Cela s'ajouterait à ses achats mensuels 
    * Un risque supplémentaire de perturbation des marchés 
    * 320 milliards d'échéances sur 2017-2019, selon JPMorgan 
 
    par John Geddie et Francesco Canepa 
    LONDRES/FRANCFORT, 23 août (Reuters) - La Banque centrale 
européenne (BCE) devra augmenter ses achats mensuels 
d'obligations souveraines si elle décide de prolonger le 
programme actuel au-delà de mars 2017, afin d'éviter que 
l'arrivée à échéance des titres qu'elle détient ne réduise son 
soutien au crédit et à la croissance. 
    JP Morgan estime à 320 milliards d'euros l'encours global 
des obligations qui arriveront à maturité entre 2017 et 2019 et 
devront être réinvesties si la BCE veut tenir ses engagements.  
    Ces achats supplémentaires pourraient accentuer les 
problèmes de liquidité déjà à l'origine de fluctuations 
inattendue des cours sur le marché obligataire. De plus, la BCE 
pourrait avoir du mal à trouver suffisamment de papier répondant 
à ses critères d'achat, notamment dans des pays comme l'Irlande 
et le Portugal.  
    La majeure partie des titres concernés sont des emprunts 
d'Etat que la BCE a commencé à acheter en mars 2015 dans le 
cadre de son programme dit d'assouplissement quantitatif 
("quantitative easing", QE).  
    Ces achats étaient initialement prévus jusqu'en mars 2017 
mais aujourd'hui, de plus en plus d'observateurs s'attendent à 
ce qu'ils soient prolongés, peut-être dès la réunion de 
politique monétaire du 8 septembre, faute d'une remontée 
suffisante de l'inflation dans la zone euro.  
    Une porte-parole de la BCE a déclaré que tout remboursement 
du principal d'une obligation rachetée viendrait s'ajouter aux 
80 milliards d'euros d'achats mensuels déjà en vigueur.  
    Ces réinvestissements permettraient à la banque centrale de 
maintenir le rythme de l'augmentation de son bilan, une approche 
qu'avait adoptée la Réserve fédérale en 2010 en annonçant un 
deuxième plan de QE. 
    Ne pas s'engager sur cette voie serait laisser entendre que 
la BCE est disposée à réduire l'utilisation de la planche à 
billets, au risque de prendre les marchés à contre-pied. 
     
    19 MILLIARDS À RÉINVESTIR EN 2017, 103 MILLIARDS EN 2018 
    "Cela serait certainement un problème car ce serait le 
premier signe d'une diminution du soutien", dit David Schnautz, 
responsable de stratégie d'investissement de Commerzbank. 
    Mi-2013, lorsque la Fed avait annoncé un ralentissement de 
son propre programme de QE, les cours des obligations et des 
actions avaient chuté, malgré l'amélioration de la conjoncture 
économique qui avait motivé le choix de la banque centrale.  
    Dans la zone euro, cette amélioration est encore loin, 
l'inflation restant très inférieure au niveau d'un peu moins de 
2% que vise la BCE et le vote des Britanniques pour la sortie de 
l'Union européenne pesant sur les perspectives de croissance. 
    Selon les estimations de JPMorgan, l'arrivée progressive à 
échéance des titres achetés depuis mars 2015 obligerait la BCE à 
réinvestir 19 milliards d'euros en 2017, 103 milliards en 2018 
et 197 milliards en 2019. 
    "L'ampleur de l'impact du programme sur le marché devient 
problématique si on ajoute les réinvestissements aux achats 
mensuels", souligne Gianluca Salford, responsable de la 
stratégie de taux européens de la banque américaine. 
    La BCE pourrait donc devoir réexaminer les règles du QE 
qu'elle a elle-même définies.  
    Des sources proches de l'institution ont déclaré à Reuters 
ces derniers mois que, pour élargir la gamme d'actifs éligibles 
à ses achats, la banque centrale pourrait d'abord envisager de 
relever la part d'une émission obligataire qu'elle est autorisée 
à acheter, puis amender les règles définissant les actifs 
qu'elle peut acquérir. 
    L'abandon de la clé de répartition du capital - qui répartit 
ses achats par pays de la zone euro en fonction de la 
participation de chacun d'eux au capital de la BCE - serait plus 
délicat car il aurait des implications politiques et juridiques, 
ont ajouté les sources.  
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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