La BCE devra agir si la zone euro ne réforme pas assez-Coeuré

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    GENEVE, 23 août (Reuters) - Si les pays membres de la zone 
euro négligeaient de mettre en oeuvre une réforme structurelle 
et budgétaire indispensable, la Banque centrale européenne (BCE) 
risquerait d'être dans l'obligation d'assouplir à nouveau sa 
politique monétaire pour tenter d'atteindre son objectif 
d'inflation, a déclaré mardi Benoît Coeuré, membre du directoire 
de l'institut d'émission. 
    La croissance s'accélère mais la reprise n'est pas aussi 
dynamique que la BCE le souhaiterait et les politiques 
budgétaires ne sont pas à la hauteur des efforts qu'elle a 
consentis, a expliqué Coeuré, lors d'une conférence. 
    La BCE a abaissé ses taux directeurs radicalement - le taux 
de refinancement est nul et celui des dépôts négatif - et elle 
fournit aux banques des crédits aux conditions très généreuses 
tout en rachetant tous les mois pour 80 milliards d'euros 
d'actifs, le tout dans le but affiché de relancer l'inflation et 
la croissance du secteur privé. 
    Mais l'inflation reste à peine supérieure à zéro et le 
chômage demeure élevé; dans ces conditions, "si rien ne se passe 
(en matière de réformes), alors la banque centrale risque de 
devoir faire plus", a observé Coeuré. 
    Toutefois, a-t-il poursuivi, de nouvelles initiatives de la 
BCE ne seraient pas dénuées d'effets secondaires. Les banques, 
courroie de transmission de la politique de la BCE, pâtissent de 
l'environnement de taux ultra-bas voire négatifs, tandis que les 
achats massifs de la banque centrale font craindre l'apparition 
de bulles spéculatives. 
    "Quoi que nous fassions, il y a des effets secondaires, un 
possible risque à venir pour la stabilité financière", a prévenu 
Coeuré. "Jusqu'à présent, nous avons atténué, géré, réduit ces 
risques".  
    Des chiffres relativement rassurants sur la croissance 
publiés depuis le référendum britannique du 23 juin, qui a 
consacré la victoire du camp du Brexit, font qu'il n'y a aucune 
urgence à agir pour la BCE, ce qui lui laisse le temps de 
réfléchir à d'éventuelles nouvelles mesures, peut-être jusqu'à 
sa réunion de décembre. 
    Son programme de rachats d'actifs mensuels, dit 
d'assouplissement quantitatif (QE), arrivera à son terme en mars 
2017 et pour les investisseurs, la BCE doit décider d'ici 
décembre si elle le prolonge au-delà de cette date ou si elle 
commence à s'en dégager progressivement. 
     
 
 (Stephanie Nebehay et Balazs Koranyi, Wilfrid Exbrayat pour le 
service français, édité par Marc Angrand) 
 
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