La BCE déterminée à prévenir une inflation trop faible

le
1
LA BCE PRÉVOIT QUE L'INFLATION DANS LA ZONE EURO RESTE FAIBLE
LA BCE PRÉVOIT QUE L'INFLATION DANS LA ZONE EURO RESTE FAIBLE

par Eva Taylor et Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a dit jeudi qu'elle était déterminée à utiliser tous les moyens disponibles pour prévenir une inflation trop basse mais elle a laissé ses taux directeurs inchangés en dépit d'un rythme de hausse des prix passé dans une "zone dangereuse" sous le seuil de 1% l'an.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs consacrée à la politique monétaire, le président de la BCE Mario Draghi a déclaré que la zone euro pourrait connaître une longue phase de faible inflation avant une retour graduel à son objectif d'une hausse des prix inférieure à, mais proche de 2%.

La BCE, qui avait réduit son principal taux directeur à 0,25% en novembre, a "fortement insisté" sur sa détermination à agir audacieusement si nécessaire pour éviter tout affaiblissement des prix sans évoquer un risque de déflation, terme qu'elle récuse. Elle entend se donner plus de temps pour évaluer les évolutions de l'inflation et du marché monétaire.

"D'un point de vue général, nous restons déterminés à maintenir une politique monétaire très accommodante et à prendre de nouvelles mesures décisives si nécessaire", a dit Draghi.

Il a reconnu que la plus grande fermeté de ses propos en la matière que dans le passé illustrait la détermination de la BCE à agir en particulier si les taux d'intérêt à court terme se tendaient trop ou si les anticipations d'inflation de la BCE étaient à nouveau revues à la baisse.

"Actuellement, nous ne voyons pas de déflation", a-t-il souligné tout en ajoutant qu'une longue période de faible inflation pourrait entraîner un biais baissier sur l'activité.

"Dans l'ensemble nous ne voyons pas de déflation au sens de ce que le Japon a pu connaître dans les années 1990."

Le maintien inchangé des taux directeurs était largement attendu malgré le ralentissement de l'inflation à 0,8% sur un an en décembre dans la zone euro après sa légère remontée de novembre, une évolution que Mario Draghi a attribué à un ajustement technique et non récurrent des prix des services en Allemagne.

Interrogé sur les mesures que la BCE pourrait prendre pour contrer les tensions sur les taux à court constatées alors que les excédents de liquidités des banques se réduisent, Mario Draghi a dit qu'il était inutile de spéculer sur les instruments à sa disposition.

MOINDRE LIQUIDITÉ

Il s'est refusé en particulier à répondre à une question sur d'éventuels achats d'actifs par la BCE, à l'instar des politiques d'assouplissement quantitatif mises en oeuvre par la Réserve fédérale américaine, par la Banque d'Angleterre et par la Banque du Japon. Il s'est contenté de redire que la BCE ferait si nécessaire tout ce à quoi les traités européens l'autorisent.

Le ralentissement de l'inflation au sein de la zone euro accentue la pression pour que la BCE prenne de nouvelles mesures d'assouplissement.

"Nous devons être très prudents pour éviter de tomber de manière permanente en dessous de 1% d'inflation et d'entrer ainsi dans une zone de danger", avait déclaré Mario Draghi la semaine dernière dans une interview au magazine allemand Der Spiegel.

Bien que faible, la reprise est en cours au sein de la zone euro, comme la BCE l'avait anticipé, ce qui lui laisse plus de temps pour voir si l'inflation repart elle aussi à la hausse.

Le ralentissement de l'inflation n'est pas la seule inquiétude de la BCE qui doit aussi faire face à la faiblesse persistance des crédits au secteur privé et à la réduction des liquidités excédentaires, c'est à dire les liquidités dépassant les besoins de refinancement au jour le jour des banques.

Mario Draghi a répété à de nombreuses reprises que le remboursement par les banques des liquidités que la BCE leur avait consenties notamment dans le cadre des opérations de refinancement à très long terme fin 2011 et 2012 était une bonne nouvelle et illustrait la normalisation du marché interbancaire.

La moindre détention de liquidités excédentaires par les banques peut toutefois entraîner une augmentation de leurs coûts de financement.

Le président de la BCE a toutefois estimé que la confiance revenait graduellement au sein de l'économie de la zone euro et que la politique monétaire très accommodante finirait par bénéficier à l'économie réelle.

Marc Joanny pour le service français, édité par Nicolas Delame

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4630859 le jeudi 9 jan 2014 à 17:33

    Ce n'est pas voir la déflation qu'il faut pour réagir, mais l'empêcher d'apparaitre, car quand elle sera là, cela sera déjà trop tard.