La BCE demande aux banques leur plan d'urgence en cas de Brexit

le
0
    par Arno Schuetze 
    FRANCFORT, 10 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) a demandé aux grandes banques de la zone euro de lui 
préciser les dispositions qu'elles prendraient dans le cas d'une 
sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), a-t-on 
appris de plusieurs sources proches du dossier. 
    La Grande-Bretagne est la cinquième économie mondiale et la 
deuxième de l'UE et beaucoup de banques de la zone euro y sont 
très actives. 
    Une source d'une grande banque allemande a expliqué que la 
BCE avait demandé des renseignements sur son exposition à la 
livre sterling, ainsi que l'exposition aux marchés britanniques 
de ses activités boursières, obligataires et de crédit. 
    "On nous a aussi demandé dans quelle mesure un Brexit 
affecterait notre 'business model'", a ajouté la source. 
    Elle a ajouté que la banque n'anticipait que des 
répercussions négligeables d'un éventuel Brexit et n'avait 
jusqu'à présent pris aucune disposition particulière, si ce 
n'est de s'assurer que ses équipes de trading puissent assumer 
la forte volatilité prévisible au lendemain du référendum du 23 
juin. 
    La BCE pose aux banques ce genre de question plus librement 
qu'elle ne le pouvait dans l'éventualité d'un "Grexit", une 
sortie de la Grèce de la zone euro, dans la mesure où la 
Grande-Bretagne ne fait pas partie de cette dernière. 
    Lors de la crise de la grecque dette, la banque centrale 
avait été discrète sur les dispositions envisagées dans le cas 
d'un Grexit, consciente des implications politiques que cela 
aurait pu induire pour l'union monétaire. 
    Des personnes participant au dispositif "Brexit" d'autres 
banques allemandes ont dit que les discussions avec la BCE 
avaient également porté sur des thèmes tels que le financement 
de l'import-export et les prêts accordés à des entreprises 
britanniques ou allemandes très présentes en Grande-Bretagne. 
    Nils Beier, un responsable du cabinet de conseil Accenture, 
qui a eu des nombreuses discussions avec des banques à ce sujet, 
a dit que la plupart réexaminaient attentivement leurs positions 
et s'employaient à les couvrir pour éviter des pertes de 
trading. 
     
 
 (Avec Balazs Koranyi, Jonathan Gould et Toby Sterling; Wilfrid 
Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant