La BCE défend son cap, le tiendra aussi longtemps que nécessaire

le
0
    * Draghi demande du temps pour que les mesures de la BCE 
marchent 
    * Il défend son indépendance face aux critiques allemandes 
    * Les gouverneurs n'ont pas discuté de "monnaie hélicoptère" 
 
    par Balazs Koranyi et John O'Donnell 
    FRANCFORT, 21 avril (Reuters) - Le président de la Banque 
centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a rejeté jeudi les 
critiques allemandes contre la politique monétaire 
ultra-accommodante de l'institution et assuré une qu'elle 
utiliserait tous les outils à sa disposition "aussi longtemps 
que nécessaire". 
   "Nos politiques fonctionnent. Elles sont efficaces. Donnez 
leur simplement du temps de démontrer tous leurs effets", a-t-il 
déclaré à l'issue d'une réunion du Conseil des gouverneurs de la 
banque.  
    La BCE a sans surprise laissé ses taux inchangés après les 
avoir baissés en mars et n'a annoncé aucune nouvelle mesure, se 
contentant de présenter les modalités de son programme de rachat 
d'obligations d'entreprises qui débutera en juin.   
    Mario Draghi a vivement défendu l'indépendance de 
l'institution de Francfort face aux critiques qui se multiplient 
en Allemagne contre ses tentatives pour relancer l'inflation et 
l'activité en zone euro, les taux particulièrement bas qu'elles 
générent ayant un impact sur l'épargne des ménages.   
    "Nous avons un mandat qui est d'assurer la stabilité des 
prix pour l'ensemble de la zone euro, pas seulement pour 
l'Allemagne", a-t-il dit avant de souligner que l'indépendance 
de la BCE était inscrite dans les traités européens. 
    "Nous obéissons à la loi, pas aux politiciens", a-t-il 
ajouté. 
    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a 
estimé que la politique de la BCE posait un problème 
"extraordinaire", allant jusqu'à la rendre en partie responsable 
de la montée du parti populiste Alternative pour l'Allemagne 
(AfD). 
     
    PAS DE DISCUSSIONS SUR LA "MONNAIE HÉLICOPTÈRE" 
    En réponse, le président de la BCE a aussi souligné à 
plusieurs reprises que son objectif de retour à une inflation 
proche de 2% en zone euro était encore éloigné et que des 
risques persistaient pour son économie.  
    Il a fait valoir que celle-ci serait en bien plus mauvais 
état si la banque centrale n'avait pas accompagné la baisse des 
ses taux d'un programme massif de rachat d'actifs. 
    "Des incertitudes globales persistent (...) Il est impératif 
de conserver un degré approprié de politique monétaire 
accommodante aussi longtemps que nécessaire", a-t-il encore dit. 
    Et alors qu'en mars, Mario Draghi avait jugé possible que la 
baisse des taux de la BCE n'aille pas plus loin, il a indiqué 
cette fois qu'ils devraient rester à leurs niveaux actuels, 
voire plus bas, "pour une période prolongée". 
    Mais il a déclaré que le conseil des gouverneurs n'avait pas 
évoqué jeudi la possibilité de recourir à de la "monnaie 
hélicoptère", qui consisterait pour la banque centrale à 
distribuer directement de l'argent aux ménages. 
    Il avait été directement pris pour cible en Allemagne pour 
avoir estimé que cette "monnaie hélicoptère" était un concept 
intéressant. 
    Le problème de la BCE est que, malgré le rebond récent des 
prix du pétrole, les perspectives de redémarrage des prix ne 
s'améliorent pas. 
    Le point mort d'inflation anticipé à cinq ans dans cinq ans, 
un indicateur très suivi dans la zone euro   EUIL5YF5Y=R , est 
tombé à 1,39% mercredi, soit 0,10 point sous son niveau de début 
mars, quand la BCE a renforcé son arsenal de mesures pour 
relancer les prix et stimuler le crédit. 
 
 (Yann Le Guernigou pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux