La BCE attendra les législatives allemandes-sources

le
1
    par Francesco Canepa et Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 22 décembre (Reuters) - Après avoir décidé au 
début du mois de prolonger ses rachats d'actifs, la Banque 
centrale européenne (BCE) ne fera plus rien jusqu'en septembre, 
mois où se dérouleront les élections législatives en Allemagne, 
le pays le plus critique vis-à-vis de sa politique monétaire 
ultra-accommodante, ont déclaré des sources officielles à 
Reuters. 
    La BCE avait surpris les marchés financiers le 8 décembre en 
annonçant qu'elle réduirait ses achats d'obligations sur les 
marchés à partir d'avril, tout en se réservant le droit de les 
augmenter de nouveau en cas de besoin.   
    Mais aucune possibilité n'est écartée a priori; ainsi, la 
BCE interviendrait si la croissance ralentissait nettement ou si 
le risque politique, lié aux diverses élections de 2017 en 
Allemagne, en France, aux Pays-Bas et peut-être en Italie ou à 
un changement de cap économique aux Etats-Unis, déstabilisait 
les marchés, ont dit les sources. 
    "Mais si tout va bien, nous ne discuterons pas sérieusement 
de la prochaine décision de politique monétaire avant 
septembre", a observé l'une d'elles. 
    La BCE s'est abstenue de tout commentaire. 
    Si la BCE devait agir, elle songerait d'abord à remonter ses 
achats d'actifs mensuels, censés être ramenés à 60 milliards 
d'euros à partir d'avril, à leur montant actuel de 80 milliards 
d'euros. 
    Les modalités du programme pourraient elles aussi être 
modifiées par la BCE, conformément aux conditions débattues 
avant la réunion monétaire de décembre. 
    Elle pourrait par exemple assouplir la règle l'obligeant à 
plafonner ses rachats d'obligations en fonction de la quote part 
de chaque pays à son capital.  
    En tout dernier ressort, la BCE envisagerait même de 
racheter des obligations émises par les banques, qui pour 
l'heure servent de garanties à ses opérations de refinancement, 
voire même des actions. 
    En ayant évoqué, ce mois-ci, la possibilité de racheter du 
papier au rendement inférieur à son taux de dépôt, actuellement 
de -0,40%, l'institut d'émission peut se permettre d'étendre son 
programme d'assouplissement quantitatif (QE) jusqu'au deuxième 
trimestre 2018, estime Pictet. 
    Mais avec quels avantages pour l'économie, cela reste à 
voir. 
    C'est pourquoi la BCE limitera au maximum les achats de ce 
type de papier, qui lui fera perdre de l'argent si elle le 
détient jusqu'à échéance, lorsqu'elle relancera la planche à 
billets après la trêve de Noël, ont expliqué les sources. 
    Elle plafonnera aussi les achats de titres pour lesquels la 
demande est forte, ce qui contribue à abaisser encore un peu 
plus des coûts d'emprunt qui n'ont jamais été aussi bas pour les 
pays les plus riches de la zone euro, sans que cela ne produise 
d'effets visibles dans l'économie réelle. 
    Elle espère en définitive tirer parti de la récente remontée 
des rendements obligataires et "si la tendance du marché 
obligataire persiste (...) il se peut qu'on n'ait pas besoin" 
d'aller aussi bas, selon l'une des sources.     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • odnaz il y a 11 mois

    J'ai perdu 2 mn à lire cet article : tout et le contraire de tout, Mario parle pour ne rien dire, mais simplement pour enfumer les abeilles. Car notre apiculteur a peur de la reine de la ruche, qu'il nomme Angela, et qui décide de l'avenir de la ruche et de qui peut ramasser le miel.