La BCE attendra avant de renforcer ou non ses achats d'actifs

le , mis à jour à 16:56
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LA BCE ATTENDRA AVANT DE RENFORCER OU NON SES ACHATS D'ACTIFS
LA BCE ATTENDRA AVANT DE RENFORCER OU NON SES ACHATS D'ACTIFS

par Francesco Guarascio et Balazs Koranyi

BRUXELLES (Reuters) - Les risques pour les perspectives d'inflation et de croissance de l'Europe se sont amplifiés en raison du ralentissement des économies émergentes mais la Banque centrale européenne (BCE) pense qu'elle doit réfléchir encore à l'opportunité de donner ou pas un nouveau coup de pouce monétaire à l'économie.

Son président Mario Draghi estime à présent qu'il faudra plus de temps que prévu à l'origine pour que l'inflation se stabilise autour de l'objectif de l'institut d'émission, qui est d'un petit peu moins de 2%, et il affirme que la BCE est prête à renforcer son programme de rachats d'actifs si le besoin s'en fait sentir.

Mais l'institut d'émission doit déterminer au préalable si la croissance ralentie des marchés émergents, un euro renforcé et la chute des prix des matières premières altèreront la trajectoire projetée de l'inflation.

Les propos relativement engagés de Mario Draghi ont étonné ceux qui s'attendaient à ce que la banque centrale décide sous peu d'amplifier son programme d'assouplissement quantitatif (QE), ce qui a eu pour effet de faire monter l'euro.

"Le programme d'achats d'actifs recèle en lui-même suffisamment de flexibilité", a déclaré mercredi Mario Draghi à la commission des Affaires économiques et monétaire du Parlement européen. "Nous ajusterons son volume, sa composition et sa durée s'il le faut, si une nouvelle impulsion d'ordre monétaire s'avérait nécessaire".

"Il faut plus de temps pour déterminer en particulier si la perte de dynamique de croissance des marchés émergents est de nature permanente ou momentanée et pour évaluer les forces responsables de la baisse des prix internationaux des matières premières et des épisodes récents de graves turbulences financières", a-t-il ajouté.

Même si la BCE vise une inflation d'un peu moins de 2%, elle a dit qu'elle pourrait devenir négative dans les mois qui viennent avant de remonter.

L'HYPOTHÈQUE CHINOISE

Les propos de Mario Draghi interviennent alors que la Réserve fédérale américaine a décidé la semaine dernière de ne pas augmenter ses taux directeurs, mettant en lumière les risques pour la croissance économique mondiale du ralentissement de la Chine, attesté une fois de plus mercredi par un indice PMI manufacturier descendu au plus bas de six ans et demi en septembre.

Ce ralentissement économique de la Chine paraissait être une préoccupation réelle de Mario Draghi, qui a déclaré également mercredi que les difficultés des marchés émergents dureraient "quelque temps".

Le coup de bambou chinois déprime les prix des matières premières, un mauvais point pour la BCE car l'inflation, qui atteint péniblement un maigre 0,1%, pourrait bien rester désespérément dans les profondeurs et l'obliger à donner encore plus d'ampleur à son assouplissement quantitatif.

Certes, l'Europe résiste relativement bien, l'indice PMI de septembre n'ayant que peu rétrogradé par rapport à des niveaux assez élevés, mais Mario Draghi a prévenu que la croissance du second semestre serait un peu plus lente qu'au premier.

La Grèce, mise à genoux par deux programmes d'aide financière internationale qui l'ont plongée dans l'austérité et la récession, a cependant accompli des progrès remarquables ces derniers mois, a poursuivi Mario Draghi, ajoutant que si elle se conformait aux objectifs d'un troisième plan de renflouement, des possibilités d'assouplir sa dette se présenteraient.

(Avec Francesco Canepa, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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