La BCE attendra avant d'assouplir ses règles pour la Grèce

le , mis à jour à 19:41
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 (Actualisé avec vote du Parlement grec, déclarations de 
Dijsselbloem) 
    VIENNE/ATHENES, 2 juin (Reuters) - La Banque centrale 
européenne a fait le choix jeudi de reporter sa décision sur 
l'octroi à la Grèce d'un accès à des financements bancaires bon 
marché, expliquant qu'elle attendait qu'Athènes ait levé la 
totalité des doutes qui persistent sur l'application des accords 
avec ses créanciers.  
    La Bourse d'Athènes a creusé ses pertes après l'annonce de 
la BCE et fini en repli de 0,92%  .ATG  tandis que l'indice 
local du secteur bancaire cédait 3,07%  .FTATBNK  et que le 
rendement des obligations d'Etat grecques à deux ans remontait à 
7,44%  GR2YT=TWEB , en hausse de 28 points de base sur la 
journée.  
    Lors d'une conférence de presse à Vienne, le président de la 
BCE, Mario Draghi, a expliqué que le Conseil des gouverneurs 
avait débattu d'un rétablissement de l'exemption qui permet à la 
BCE d'accepter les emprunts d'Etat grecs comme garantie lors de 
ses opérations de refinancement des établissements bancaires 
bien que ces titres soient notés en catégorie spéculative 
("junk").  
    Une telle exemption est redevenue envisageable depuis 
qu'Athènes a conclu, la semaine dernière, un nouvel accord avec 
ses créanciers. Mais Mario Draghi a déclaré que la BCE n'était 
pas encore disposée à franchir le pas.  
    "Nous avons eu une présentation, nous n'avons pas pris de 
décision. Le Conseil des gouverneurs reconnaît les progrès 
importants accomplis au cours des derniers mois", a-t-il dit. 
"Une fois que les dispositions préalables (prévues par l'accord 
avec les créanciers-NDLR) seront mises en oeuvre, le Conseil des 
gouverneurs prendra une décision qui conduira au rétablissement 
de l'exemption." 
    "Cela nécessitera une nouvelle réunion", a-t-il ajouté.  
    Quelques heures après l'intervention de Mario Draghi, la 
Vouli, le Parlement grec, a adopté une série de mesures 
répondant à la plupart des questions laissées ouvertes par 
l'accord conclu la semaine dernière à Bruxelles. L'examen des 
dernières mesures a été reporté à septembre. 
    Parmi les réformes adoptées figurent la suppression 
progressive d'ici 2020 d'une prime pour les retraités, qui 
débutera dès ce mois-ci, et la vente d'une participation de 20% 
à 24% dans la compagnie électrique ADMIE d'ici fin octobre. 
     
    DIJSSELBLOEM SALUE LES EFFORTS DE LA GRÈCE 
    Des compromis ont aussi été trouvés pour limiter les primes 
d'ancienneté des policiers et des gardes-côtes, alors même que 
la Grèce est en première ligne dans la crise des migrants, et 
sur la vente des créances douteuses garanties par l'Etat, une 
mesure réclamée par la BCE. 
    La Grèce espère ainsi lever le dernier obstacle au versement 
par les créanciers d'une nouvelle tranche d'aide, de 7,5 
milliards d'euros dans un premier temps. 
    Le groupe de travail de l'Eurogroupe devrait émettre un 
jugement positif sur les efforts entrepris par Athènes lors de 
sa réunion la semaine prochaine. Il reviendra ensuite aux 
ministres des Finances de la zone euro de prendre une décision. 
    A Bruxelles, le président de l'Eurogroupe, Jeroen 
Dijsselbloem a jugé que la Grèce respectait ses engagements et 
que les ministres des Finances de la zone euro étaient prêts à 
discuter de sa dette. 
    "La confiance dans le gouvernement grec a évolué, il a 
obtenu des résultats, adopté beaucoup de mesures difficiles et 
continue de le faire et, sur cette base, nous sommes prêts à 
aborder sérieusement la question de la dette", a-t-il dit. 
    Lors d'un conseil des ministres avant le vote des 
parlementaires, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a jugé 
"possible que lors de la prochaine réunion de la BCE, nous 
assistions au rétablissement de l'exemption" pour les banques 
grecques. 
    Ces dernières n'ont plus accès depuis début 2015 aux 
opérations habituelles de refinancement de la BCE, ouvertes aux 
banques de tous les autres pays de la zone euro.  
    Elles dépendent depuis de la fourniture de liquidité 
d'urgence (emergency liquidity assistance, ELA) de la BCE, dont 
le taux d'intérêt est généralement supérieur de 100 à 150 points 
de base au taux de refinancement de l'institution, actuellement 
nul.  
    "Un léger retard n'est pas problématique", a déclaré George 
Poulopoulos, directeur financier de la Banque du Pirée, numéro 
un du crédit dans le pays.  
    "Une fois que le Groupe de travail de la zone euro aura 
donné son feu vert aux mesures préalables, on peut s'attendre à 
ce que l'exemption soit rétablie lors de la prochaine réunion du 
Conseil des gouverneurs de la BCE." 
 
 (Renee Maltezou et Lefteris Papadimas à Athènes, Francesco 
Guarascio et Jan Strupczewski à Bruxelles, Francesco Canepa à 
Vienne; Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français, 
édité par Bertrand Boucey) 
 

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