La BCE achète des titres "corporate" pour relancer l'inflation

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 (Actualisé avec des précisions) 
    par Balazs Koranyi et Laura Benitez 
    LONDRES, 8 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) a acheté mercredi des obligations d'entreprises des 
secteurs des services aux collectivités ("utility"), de 
l'assurance et des télécoms, s'employant à les inciter à 
emprunter et à dépenser pour relancer la croissance et 
l'inflation de la zone euro. 
    Selon les traders, la BCE était présente sur le marché 
secondaire avec en particulier un intérêt manifesté pour du 
papier à cinq ans émis par une "utility", selon IFR, un service 
de Thomson Reuters. 
    Des investisseurs ont dit que l'institut d'émission semblait 
acheter du papier émis par l'assureur Generali  GASI.MI  et 
l'opérateur télécoms Telefonica  TEF.MC , par tranches de trois 
à cinq millions d'euros. 
    "Je pense toutefois que nous avons déjà intégré l'essentiel 
des variations de prix", a dit un gérant de syndicat. "Ce qui 
sera surtout intéressant, c'est de voir s'il y a des divergences 
au sein des secteurs, suivant que la BCE achète l'un et non 
l'autre". 
    Bien que l'on ne sache pas exactement ce que la BCE a 
acheté, le rendement de l'un des emprunts de Telefonica 
 ES139476468=  a perdu de 3 à 6 points de base ce mercredi, une 
variation relativement marquée. 
    Cet élargissement du programme d'assouplissement quantitatif 
(QE) de 1.740 milliards d'euros risque de se heurter à plusieurs 
obstacles, et notamment au fait que l'encours des titres 
éligibles à ses achats, s'il représente 500 à 600 milliards 
d'euros, tend à être dominé par les émetteurs français et 
néerlandais, qui disposent déjà d'un accès facile au crédit et 
ne bénéficieront donc qu'à la marge du nouveau programme. 
    Le succès de ce "programme d'achats de titres du secteur des 
entreprises" (corporate sector purchase programme, CSPP) 
dépendra donc en grande partie de la capacité de la BCE à 
attirer de nouveaux émetteurs et à favoriser la transmission de 
la baisse des coûts d'emprunt à des pays tels que l'Italie et 
l'Espagne, où le financement reste relativement onéreux. 
     
    PRUDENCE AU DÉBUT 
    Depuis que la BCE a annoncé en mars son intention d'acheter 
de la dette "corporate", les émissions de ce segment du marché 
obligataire se sont multipliées pour dépasser les 110 milliards 
d'euros, selon des données d'IFR. 
    "A ce stade, la BCE elle-même ne connaît sans doute pas avec 
certitude le montant qu'elle sera en mesure d'acheter", explique 
Michal Jezek, analyste de Deutsche Bank. "On pourrait par 
exemple avoir des mois animés, avec neuf à dix milliards d'euros 
d'achats, et d'autres, comme août, à un ou deux milliards, avec 
la majeure partie des mois entre les deux." 
    Il prévoit des volumes d'émissions sans précédent cette 
année sur le marché de la dette euro, avec 250 milliards d'euros 
d'émissions brutes et plus de 100 milliards d'émissions nettes, 
dont la moitié environ du montant net pour les émissions 
d'obligations "corporate", à la faveur des achats de la BCE. 
    La banque centrale ne se fixera aucun objectif d'achat de 
dette d'entreprise et elle devrait les entamer prudemment, se 
réservant la possibilité d'accélérer le mouvement par la suite. 
Des sources proches de la banque centrale ont déclaré à Reuters 
que la BCE serait satisfaite si elle atteignait cinq à dix 
milliards d'achats mensuels en suscitant de nouvelles émissions. 
  
    Si ses espoirs étaient déçus ses achats pourraient être plus 
réduits, certaines sources évoquant une fourchette de deux à 
trois milliards d'euros mensuels. 
    Ces montants sont à comparer aux 80 milliards d'euros 
d'actifs, très majoritairement des emprunts d'Etat, rachetés 
mensuellement par la BCE, rythme qui doit être maintenu au moins 
jusqu'en mars 2017, même si la faiblesse persistante de 
l'inflation risque, pour beaucoup d'observateurs, de la 
contraindre à aller au-delà de cette échéance. 
    Une prolongation qui ne serait pas non plus dénuée de 
risques puisqu'elle pourrait se traduire par une raréfaction des 
titres éligibles à ses achats et la conduire à atteindre les 
limites qu'elle s'est elle-même fixées, par exemple en terme de 
part d'une émission donnée qu'elle peut détenir. 
    "Le moment choisi (pour commencer les achats) suggère que la 
BCE veut vraiment tirer parti au maximum de la période d'achats 
qui va précéder la trêve estivale", explique Morgan Stanley, 
tablant sur des achats de titres d'entreprise de trois à cinq 
milliards d'euros par mois en moyenne sur la durée totale du 
programme, marchés primaire et secondaire confondus.  
 
 (Benoit Van Overstraeten, Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour 
le service français) 
 

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