La BCE a accru ses achats de dette française en avril

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    FRANCFORT, 2 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) a acheté le mois dernier plus d'obligations d'Etat 
françaises et italiennes que ne le prévoient ses propres règles, 
ce qui a sans doute contribué à rassurer les marchés financiers 
avant le premier tour de l'élection présidentielle en France. 
    Ses achats de titres du secteur public français ont atteint 
11,3 milliards d'euros et ceux de titres italiens 9,8 milliards, 
selon les statistiques publiées mardi.  
    Dans les deux cas, le montant mensuel dépasse, selon les 
calculs de Reuters, de plus d'un milliard d'euros celui fixé par 
les règles de répartition de la BCE, fondées sur le poids 
relatif de chaque économie nationale au sein de la zone euro. 
    Les achats d'obligations allemandes ont quant à elles été 
conformes au "quota" théorique prévu en avril après l'avoir 
dépassé nettement en mars, ce qui conduit certains observateurs 
à conclure que la BCE peine désormais à trouver des titres 
allemands correspondant à ses critères. 
    Un porte-parole de la BCE a déclaré que celle-ci 
continuerait de s'écarter ponctuellement de sa "clé de 
répartition" pour assurer "une mise en oeuvre en douceur" du 
programme d'achats de titres du secteur public, ou PSPP. 
    "Les parts relatives des achats mensuels du PSPP 
continueront d'être ajustées à l'avenir mais l'évolution des 
ajustements ne peut pas être anticipée", a-t-il dit. 
    "Ces ajustements traduisent la flexibilité inhérente au 
programme et notre engagement de neutralité vis-à-vis du marché 
avec pour objectif de poursuivre une mise en oeuvre souple du 
PSPP." 
    Ce programme d'un montant global de 2.300 milliards d'euros 
est considéré comme un facteur clé de soutien aux marchés 
financiers en période d'incertitude politique. 
    En France, les résultats du premier tour de l'élection 
présidentielle, et notamment le fait qu'Emmanuel Macron, 
considéré comme un candidat "pro-euro", soit arrivé en tête 
devant l'europhobe Marine Le Pen, ont permis aux rendements des 
obligations d'Etat de revenir à leur plus bas niveau depuis 
plusieurs mois. 
    L'Italie est quant à elle considérée comme le prochain foyer 
de risque politique pour la zone euro puisque des élections 
législatives doivent s'y tenir au plus tard en mai 2018 et que 
les sondages d'opinion donnent le Mouvement 5 Etoiles (M5S), 
eurosceptique, en tête des intentions de vote.  
    La BCE prévoit de poursuivre ses achats d'obligations au 
moins jusqu'à la fin de cette année. Elle pourrait au moins les 
réduire en 2018, tirant ainsi les conséquences de la remontée de 
l'inflation dans la zone euro.  
     
 
 (Francesco Canepa; Marc Angrand pour le service français) 
 
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  • ccondem1 il y a 5 mois

    C'est pratique de financer les cigales avec de la monnaie de singe...

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