La bave d'escargots, élixir de beauté

le
2

par Claude Canellas

CHAMPAGNOLLES, Charente-Maritime (Reuters) - Producteur artisanal de bave d'escargot depuis trois ans, Louis-Marie Guédon est passé à la phase industrielle de production pour satisfaire une demande en pleine croissance de l'industrie des cosmétiques et de la parapharmacie.

Dans sa propriété de Champagnolles, dans le vignoble de Cognac (Charente-Maritime), cet homme de 47 ans est fier de dévoiler la technologie mise au point pour produire de la bave de qualité en grande quantité et sans mortalité, avec un prévisionnel de 15 tonnes en 2014.

"Je produis déjà de la bave depuis trois ans mais de manière manuelle", précise-t-il à propos de ce mucus contenant notamment de l'allantoïne, du collagène et de l'acide glycolique aux vertus multiples pour la peau.

On en trouve dans les crèmes solaires, les antirides, les dentifrices, le rouge à lèvres ou encore les shampoings.

Deux conteneurs frigorifiques maritimes ont pris place dans son exploitation, qui abrite une machine, la première au monde, inventée avec un ingénieur indépendant, et qui devrait révolutionner un secteur encore très artisanal.

Louis-Marie Guédon est réticent à expliquer la technologie utilisée, gardant précieusement son secret de fabrication.

Tout au plus accepte-t-il de dire qu'une fois les escargots passés dans la machine, la bave est récupérée et filtrée deux fois, garantissant la pureté du produit avant de recevoir un traitement aux UV et d'être conditionnée pour l'expédition.

"C'est un investissement de 100.000 euros prévu à l'origine, financé à 50% par des subventions à hauteur de 50.000 euros d'Oseo (un fonds public français destiné aux PME) et du Feder (Fonds européen de développement régional). Nous sommes aujourd'hui à 130.000 euros", indique le producteur.

Devenu le spécialiste de l'élevage de "petits gris" et de "gros gris" avec des techniques qu'il a élaborées au fil des années, Louis-Marie Guédon s'est désormais tourné vers la production de "mucus" d'escargot.

CLIENT PRESTIGIEUX

Des recherches ont permis d'avancer en terme de technologie d'extraction et de conservation du mucus mais son projet de création d'une ligne de cosmétiques a été abandonné au profit de Jeanne M., une jeune marque qui s'est lancée à La Rochelle.

Jouant la carte locale, il a d'abord signé avec Léa Nature, les laboratoires Cosmalia et son fichier clients contient désormais un fournisseur parisien de pré-mélanges en cosmétique pour les plus grands groupes mondiaux.

"Nous avons déjà trois tonnes de mucus en commande de la part de ce client", précise l'éleveur.

Car désormais ce sont les gros faiseurs qui se sont rapprochés de "France Mucus Escargots", à commencer par une filiale d'une des plus grandes marques mondiales de cosmétiques dont Louis-Marie Guédon refuse de donner le nom.

Equipé pour produire jusqu'à 20 tonnes de mucus par an, il voit l'avenir de son entreprise avec confiance, comme l'aboutissement d'efforts consentis pour développer et créer de nouvelles techniques d'élevage des escargots puis celles permettant l'exploitation du mucus.

Dans son village natal, ce fils d'exploitant agricole s'est lancé il y a 25 ans dans les "cagouilles", nom local des escargots. Des petits élevages existaient, mais tout restait à faire pour trouver les techniques permettant de produire des gastéropodes en grande quantité pour le secteur alimentaire.

Aujourd'hui, grâce à une écloserie où 650.000 escargots se reproduisent chaque année, il est devenu fournisseur de 25 millions de naissains par an pour les autres éleveurs, bien au-delà des frontières françaises.

Il en garde 7 millions pour son propre élevage qui s'étend sur 2,5 hectares de parcs enherbés permettant des conditions optimales de croissance des animaux, dont environ 45 tonnes sont récoltés chaque année.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • LeRaleur le vendredi 19 juil 2013 à 13:47

    Se faire courir des escargots sur le corps. Et en plus c'est érotique à certains endroits.

  • M2280901 le vendredi 19 juil 2013 à 13:10

    pourquoi pas , les femmes (ou autres) se mettent bien de la m.erde de baleine sur les lèvres