La batterie du futur en gestation dans les Pyrénées

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par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Le géant canadien de l'énergie Hydro-Québec s'apprête à ouvrir un laboratoire de recherche à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) pour y transférer une technologie révolutionnaire permettant de produire d'ici à 2020 la batterie du futur.

Ce laboratoire, qui va employer dans les semaines à venir six personnes dans un premier temps avant de passer à 30 à 40 salariés d'ici 2017, aura pour mission de faire de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée visant à l'industrialisation à grande échelle de ce type de batterie.

L'investissement et les frais de fonctionnement devraient s'élever à 5,5 millions d'euros, pris en charge par la Région Aquitaine qui devrait s'appuyer sur des fonds européens.

Le but est de développer les batteries à base de lithium-fer-phosphate (LFP) utilisant des nanoparticules permettant de créer des batteries électriques plus petites et plus légères.

Leur capacité de stockage sera dix fois supérieure à celles disponibles sur le marché et elles pourront supporter 30.000 recharges au lieu de 3.500 pour les batteries les plus en pointe aujourd'hui, celles à base de lithium-métal-polymère (LMP).

Ces batteries LMP sont également issues d'un brevet de l'Institut de Recherche Hydro-Québec produites en Bretagne et au Canada pour les Bluecar du groupe Bolloré.

"Au-delà des batteries pour les véhicules légers, ces caractéristiques supérieures permettent de travailler à destination des véhicules de transports en commun, mais aussi sur le stockage d'énergie de masse au pied des éoliennes, des fermes photovoltaïques", a expliqué à Reuters Patrice Bernos, directeur général de Chempark.

UN GROS INDUSTRIEL ATTENDU

Ce groupement d'intérêt public a pour mission depuis 2003 de contribuer à la vitalisation du bassin industriel de Lacq, où l'exploitation du gisement de gaz naturel a cessé en 2013.

Si cette nouvelle technologie va se développer dans le Sud de la France, c'est grâce à une PME installée à Tarbes (Hautes-Pyrénées), Powertrend Energy Conversion, fondée par deux ingénieurs, Alain Jullien, spécialisé dans la mécatronique, et Denis Lagourgue, un Franco-Canadien qui travaille depuis de nombreuses années avec Hydro-Québec.

Limitée en espace susceptible d'accueillir un développement industriel de cette taille, la PME s'est tournée vers la Région Aquitaine et Chempark qui a consacré 80 hectares de réserve foncière à la création de cette filière industrielle.

Porté par Powertrend Energy Conversion, le projet industriel passera par une phase de prototype d'ici 2016-2017, avec 70 à 100 emplois créés pour un investissement de 50 millions d'euros.

A terme, ce sont 16 unités industrielles qui sont prévues sur le site de Lacq avec environ 600 emplois à la clé et un investissement global de 400 millions d'euros.

"Cette dernière phase ne pourra pas être pilotée par Powertrend. Nous n'avons pas et n'aurons pas la surface financière pour le faire. Il nous faudra passer par un gros industriel de taille mondiale", dit Denis Lagourgue, qui ne cache pas que des contacts ont été déjà été noués.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • LeRaleur le mardi 28 oct 2014 à 14:39

    Donc Hydro-Québec ne va rien débourser, tout gratos. Et quand tout sera fonctionnel, tout ira en Chine.

  • rleonard le mardi 28 oct 2014 à 13:11

    laboratoire crée par une societe canadienne. investissement et frais de fonctionnement pris en charge par la région !!! donc on leur fait cadeau du laboratoire !!!