La bataille pour la reconquête de Mossoul entre dans son 2e mois

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    par Maher Chmaytelli 
    BAGDAD, 17 novembre (Reuters) - La bataille pour la 
reconquête de Mossoul, dernier bastion de l'organisation Etat 
islamique (EI) dans le nord de l'Irak, est entrée jeudi dans son 
deuxième mois et il est difficile de dire combien de temps elle 
durera encore. 
    Les autorités irakiennes n'ont pas fixé de délai pour 
chasser les derniers djihadistes de la ville qu'ils occupent 
depuis juin 2014, mais cela pourrait prendre des mois. 
    Face à l'offensive lancée le 17 octobre, avec le soutien 
d'une coalition conduite par les Etats-Unis, les combattants de 
l'EI ont évacué jour après jour les zones autour de Mossoul pour 
se retrancher dans la ville, où les unités d'élite du Service de 
contre-terrorisme (CTS) sont entrées il y a deux semaines. 
    Aujourd'hui, les djihadistes ont été chassés de plus du 
tiers de la partie orientale de Mossoul, légèrement plus grande 
que la partie ouest, où se trouve la vieille ville. 
    Près de 57.000 personnes ont été déplacées vers des secteurs 
tenus par l'armée, selon une évaluation des Nations unies. Mais 
ce chiffre n'englobe pas les dizaines de milliers de personnes 
contraintes d'accompagner les djihadistes pour couvrir leur 
retraite en direction de Mossoul. 
    L'Onu redoutait avant le début de l'offensive l'exode 
possible de jusqu'à 800.000 personnes. Mossoul abriterait encore 
environ 1,5 million d'habitants. 
     
    MASSACRES 
    Le dernier développement marquant sur la ligne de front 
s'est produit mercredi. Les miliciens chiites des Forces de 
mobilisation populaire (FMP) ont annoncé la prise de la base 
aérienne de Tal Afar, située à 60 km à l'ouest de Mossoul. 
    Cette victoire pourrait être importante car elle peut priver 
l'EI d'une voie d'approvisionnement entre la Syrie et leur 
dernier fief urbain d'Irak. 
    A l'est de Mossoul, les peshmergas kurdes ont repris des 
territoires à l'EI et ont fait savoir mercredi, par la voix du 
président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, qu'ils ne se 
retireraient pas des zones reprises aux djihadistes sunnites. 
    Face aux 100.000 hommes déployés par la coalition des forces 
pro-gouvernementales irakiennes, l'EI aurait de 5.000 à 6.000 
combattants à Mossoul. Mais ils opposent une farouche résistance 
dans une lutte de guérilla urbaine. 
    Les officiers irakiens, qui ne peuvent utiliser leurs 
blindés, rapportent que les djihadistes se déplacent à l'abri 
d'un réseau de tunnels percés sous la ville et peuvent surgir 
n'importe où, n'importe quand. Ils procèdent par vagues 
d'attentats suicide et tirs de snipers. Souvent la nuit. 
    Les autorités de Bagdad n'ont pas fourni de bilan global des 
combats depuis un mois. L'EI avance pour sa part des chiffres de 
pertes ennemies qui sont impossibles à vérifier. Et, selon des 
organisations de défense des droits de l'homme, les combattants 
djihadistes commettent des massacres à mesure de leur retraite. 
    Ils ont par exemple probablement exécuté plus de 300 
policiers irakiens il y a trois semaines et jeté leurs corps 
dans une fosse commune près de la ville d'Hammam al Alil au sud 
de Mossoul, rapporte jeudi l'organisation Human Rights Watch. 
 
 (Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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