La bataille entre présidents du fonds libyen examinée à Londres

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    LONDRES, 7 mars (Reuters) - Une controverse de longue date 
autour de la présidence de l'Autorité Libyenne d'Investissement 
(LIA) a été portée devant la Haute Cour de justice de Londres, 
en préalable au règlement d'un litige entre le fonds souverain 
libyen et deux grandes banques internationales, dont Société 
générale  SOGN.PA .  
    La LIA veut poursuivre Goldman Sachs  GS.N  et la banque 
française auprès des tribunaux anglais, les accusant d'avoir mal 
géré trois milliards de dollars (2,74 milliards d'euros) de ses 
fonds. Les deux banques ont rejeté ces accusations.  
    Mais le fonds est embourbé dans une bataille de pouvoir 
entre Hassan Bouhadi et AbdulMagid Breish, qui en revendiquent 
tous deux la présidence, un conflit qui reflète la division du 
pays.  
    Quatre ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye 
compte deux gouvernements et deux parlements concurrents, les 
premiers installés à Tripoli, les autres reconnus par la 
communauté internationale et basés dans l'est du pays.  
    Hassan Bouhadi a été nommé à la tête de la LIA en octobre 
2014 par le conseil d'administration du fonds, composé de 
dirigeants de la Chambre des Représentants. Mais son rival 
AbdoulMagid Breich, basé à Tripoli, revendique aussi la 
présidence, et a été rétabli par la Cour d'appel de Libye. 
    Hassan Bouhadi a engagé une procédure auprès du tribunal de 
Commerce de Londres en septembre 2015 visant à obtenir un 
jugement pour déterminer la question de l'autorité sur le fonds. 
    Cette question doit être réglée afin de clarifier la 
situation juridique avant de pouvoir avancer dans le règlement 
du litige avec les deux banques. Si la LIA gagne son procès, 
elle pourrait se voir attribuer des milliards de livres. 
    Provisoirement, des conseillers du cabinet d'audit BDO ont 
été nommés par le tribunal en juillet 2015 afin de gérer cette 
affaire pour le compte de la LIA. Cela a permis d'avancer dans 
le travail préparatoire au procès, tel que le recueil des 
déclarations des témoins et des preuves des experts.  
     Lors de la nomination des conseillers de BDO, les 
observateurs internationaux espéraient que la Libye parviendrait 
rapidement à constituer un gouvernement d'union et à régler 
ainsi la question de la gouvernance du fonds souverain.  
    Mais les partisans d'une ligne dure dans le pays ont refusé 
de procéder à un vote formel au Parlement libyen qui aurait 
avalisé le nouveau gouvernement soutenu par les Nations-Unis.  
    En l'absence de décision en Libye, la justice anglaise devra 
décider d'elle-même qui a l'autorité pour agir en justice contre 
les banques, quelle que soit la légitimité de ses poursuites. 
    Pour ce faire, le juge William Blair, frère de l'ancien 
Premier ministre Tony Blair, doit d'abord se prononcer sur la 
question de savoir quel gouvernement détient le pouvoir légitime 
en Libye via des procédures utilisées dans le cas de la Somalie. 
    Il examinera pour cela à qui revient le droit 
constitutionnel de gouverner en Libye; qui détient le contrôle 
administratif; s'il y a des indications du gouvernement 
britannique à ce sujet; et ce que la communauté internationale 
considère comme étant le gouvernement légitime.  
    Cette affaire pourrait se prolonger une deuxième semaine et 
aucune décision n'est attendue dans l'immédiat. Le jugement 
pourrait également est contesté en appel. 
 
 (Claire Milhench, Juliette Rouillon pour le service français, 
édité par Eric Faye) 
 

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