La bataille d'Alep se poursuit, dans les airs et au sol

le , mis à jour à 18:39
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 (Actualisé avec Ayrault, précisions) 
    par Suleiman Al-Khalidi 
    AMMAN, 1er octobre (Reuters) - Les avions de guerre russes 
ont bombardé samedi les quartiers au nord d'Alep tandis que 
l'armée syrienne tirait des obus sur le secteur de la vieille 
ville, ont rapporté des rebelles et l'Observatoire syrien des 
droits de l'homme (OSDH). 
    Les frappes aériennes se sont concentrées sur les voies 
d'approvisionnement qui mènent aux secteurs tenus par les 
rebelles, à savoir la route Castello et le quartier de Malah, au 
nord de la ville. 
    Les combats au sol font également rage dans le quartier de 
Souleiman al Halabi, la ligne de front au nord de la vieille 
ville d'Alep. 
    Dix jours après le début de l'offensive lancée par les 
armées russe et syrienne pour reprendre aux insurgés la partie 
est d'Alep, il est difficile de connaître l'évolution précise 
des forces sur le terrain. 
    Au nord-ouest d'Alep, les insurgés d'Ahrar al Cham ont dit 
samedi avoir repris plusieurs secteurs du quartier stratégique 
de Boustan al Pacha dont les forces pro-gouvernementales 
s'étaient emparées la veille. 
    Selon les médias officiels syriens, l'armée dit de son côté 
avoir progressé dans le centre d'Alep, ce qu'ont démenti les 
rebelles, assurant avoir repoussé ce nouvel assaut. 
    "Ils bombardent la Vieille ville après une nouvelle 
tentative de gagner du terrain qui a échoué. Ils ont perdu 
plusieurs combattants et nous sommes résolus", a déclaré Abou 
Hamam, un rebelle du groupe Failak al Cham. 
    L'OSDH fait état de bombardements intenses de la part des 
forces gouvernementales et de combats "dans les deux sens" dans 
le quartier de Souleiman al Halabi. 
    Des bombes ont aussi été larguées sur un hôpital dans le 
quartier d'Al Sakhour, régulièrement pilonné, a indiqué l'OSDH. 
C'est la seconde frappe de ce genre contre cet établissement, un 
des plus grands de la ville. Au total, ce sont quatre hôpitaux 
qui ont été visés par les raids aériens ces derniers jours. 
     
    PARIS CONDAMNE LE BOMBARDEMENT D'UN HÔPITAL 
    La France a vivement condamné la frappe de samedi, qui a 
fait au moins un mort et plusieurs blessés, selon l'OSDH, mais 
qui prive surtout un peu plus les habitants d'Alep d'accès aux 
soins. 
    "Dans le déluge de violence qui submerge Alep depuis 
plusieurs jours, le ciblage systématique des structures et des 
personnels de santé est particulièrement inqualifiable. Comme 
l'a rappelé le secrétaire général des Nations unies, ces 
attaques sont constitutives de crimes de guerre", écrit le chef 
de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, dans un 
communiqué.   
    Selon les habitants d'Alep, les frappes aériennes sont sans 
précédent par leur férocité. Les bombes larguées sont plus 
puissantes. Elles écrasent les bâtiments dans lesquels sont 
réfugiés les habitants. 
    Cela fait exactement un an que la Russie a décidé 
d'intervenir en Syrie pour soutenir son président, ce qui a fait 
pencher l'équilibre du pouvoir en faveur de Bachar al Assad. Le 
président syrien est également soutenu par des forces au sol de 
l'Iran chiite et des milices chiites venues du Liban et d'Irak.  
    A Moscou, une porte-parole du ministère des Affaires 
étrangères cité par l'agence de presse RIA a déclaré qu'une 
"agression directe" des Etats-Unis contre l'armée et le 
gouvernement syriens provoquerait des "bouleversements 
tectoniques effrayants" au Proche-Orient. 
    Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, s'est plaint la 
semaine dernière en marge d'une réunion de l'assemblée générale 
des Nations unies du fait que ses efforts diplomatiques pour 
mettre fin au conflit syrien n'aient pas été accompagnés d'une 
menace sérieuse d'usage de la force militaire.   
    L'armée syrienne a pour sa part indiqué son intention de 
profiter de son avantage après voir repris jeudi le camp de 
réfugiés d'Handarat, à quelques kilomètres au nord d'Alep. Le 
régime syrien l'avait déjà conquis samedi dernier pour le perdre 
quelques heures plus tard lors d'une contre-offensive des 
insurgés. 
    Selon l'OSDH, les bombardements russes et syriens ont fait 
au moins 34 morts depuis vendredi. 
    D'après les médias de Damas, les attaques au mortier des 
insurgés sur Midan et d'autres quartiers d'Alep tenus par le 
pouvoir ont de leur côté fait 20 morts.  
 
 (Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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