La Banque mondiale signale des risques financiers sur les pays en développement

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Les pays émergents doivent faire face à deux grands risques : la remontée des taux et les faibles prix des matières premières, selon la Banque mondiale.
Les pays émergents doivent faire face à deux grands risques : la remontée des taux et les faibles prix des matières premières, selon la Banque mondiale.

Les pays en développement pourraient souffrir de la hausse des taux américains mais aussi des faibles prix des matières premières dont ils sont souvent exportateurs, explique la Banque mondiale.

« La hausse imminente des taux d’intérêt américains pourrait ralentir les mouvements de capitaux et relancer l’instabilité sur les marchés financiers des pays en développement », résume la Banque mondiale dans un communiqué.

Hausse des taux américains et croissance des émergents

L’institution explique : « La hausse attendue des taux d’intérêt américains accroîtra le coût des emprunts des pays émergents et en développement dans les mois à venir. Ce processus devrait toutefois se dérouler de façon relativement ordonnée grâce à la poursuite de la reprise économique américaine et à la persistance de la faiblesse des taux d’intérêt dans les autres grandes économies de la planète ».

Malgré tout, les risques sont bien présents. « De même que l’annonce initiale de la normalisation de la politique monétaire des États-Unis a créé des perturbations (le taper tantrum) sur les marchés financiers en 2013, le premier relèvement des taux d’intérêt par la Réserve fédérale des États-Unis depuis la crise financière mondiale pourrait engendrer de l’instabilité sur les marchés et réduire les flux de capitaux en direction des pays émergents dans une proportion pouvant aller jusqu’à 1,8 point de PIB », estime ainsi la Banque mondiale.

Nous relayions déjà en début de semaine le fait que l’indice boursier MSCI Emerging Markets, représentatif des économies émergentes, a enchainé plus de dix séances consécutives de baisse entre la fin mai et le début du mois de juin (lire article détaillé).

Baisse du prix des matières premières et impacts négatifs

Or, « un ralentissement des mouvements de capitaux aggraverait les défis auxquels sont confrontés les pays émergents exportateurs de produits de base, qui peinent déjà à s’adapter à la faiblesse persistante des cours, et compliquerait aussi la tâche des pays où l’incertitude pèse sur l’action publique », poursuit l’institution.

Sur la question de la baisse des prix du pétrole, la Banque mondiale explique : « la baisse des prix du pétrole et d’autres produits de base stratégiques a accentué le fléchissement de l’activité économique des pays en développement, dont un grand nombre sont fortement tributaires des exportations de ce type de produits ».

« Certes, les importateurs de produits de base tirent profit du ralentissement de l’inflation, de l’atténuation des pressions en matière de dépenses budgétaires et de la réduction des coûts d’importation. [Néanmoins], le recul des prix pétroliers tarde à stimuler l’activité économique en raison des problèmes auxquels de nombreux pays continuent de se heurter : pénuries d’électricité, manque d’infrastructures essentielles, notamment dans le domaine des transports et de l’irrigation ; incertitude politique ; inondations et sécheresses d’une gravité exceptionnelle dues à des conditions climatiques défavorables. »

« De redoutables défis »

« Les pays en développement sont confrontés à de redoutables défis en 2015 », résume ainsi la Banque mondiale. Ces pays « s’adaptent à un nouvel environnement, caractérisé par le faible niveau des prix du pétrole et d’autres produits de base essentiels, [ce] qui se traduit par une croissance économique décevante pour la quatrième année consécutive ».

« Les pays en développement sont confrontés aujourd’hui à un contexte économique plus difficile », résume Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, alors que ces pays sont encore le « moteur de la croissance mondiale après la crise financière ».

Le président de la Banque mondiale poursuit : « Nous mettrons tout en œuvre pour aider les pays à revenu faible ou intermédiaire à accroître leur résilience de sorte qu’ils puissent gérer cette transition de façon aussi sûre que possible. Nous pensons que les pays qui investissent dans l’éducation et la santé de leurs citoyens, qui améliorent le cadre de l’activité économique et créent des emplois en améliorant les infrastructures se trouveront en bien meilleure position dans les années à venir. Ces investissements aideront des centaines de millions de personnes à échapper à la pauvreté ».

Poursuite de la croissance malgré tout

Malgré tous les risques mentionnés, la Banque mondiale entrevoit une accélération de la croissance des émergents au cours des deux années à venir. « On estime que la croissance des pays en développement atteindra 4,4 % cette année, 5,2 % en 2016 et 5,4 % en 2017 », explique l’institution. Des chiffres qui dépendront évidemment de la concrétisation, ou non, des risques susmentionnés.

X. Bargue

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