La Banque mondiale prévoit moins de croissance en Asie de l'est

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RALENTISSEMENT ATTENDU DE LA CROISSANCE EN ASIE DE L'EST
RALENTISSEMENT ATTENDU DE LA CROISSANCE EN ASIE DE L'EST

par Masayuki Kitano

SINGAPOUR (Reuters) - La Banque mondiale a réduit ses prévisions de croissance de 2014 à 2016 pour l'est de l'Asie, faisant état entre autres d'un probablement ralentissement de la croissance en Chine où l'Etat s'emploie à rééquilibrer le comportement de son économie et signalant un risque de fuite des capitaux en Indonésie.

La banque prévoit pour la région Asie de l'est-Pacifique une croissance de 6,9% en 2014 et 2015, alors qu'elle anticipait auparavant 7,1%, et 6,8% en 2016 contre 7,1%. En 2013, la croissance de cette région avait été de 7,2%.

"Le principal message de ce rapport est, selon moi, un optimisme raisonnable", a dit Sudhir Shetty, chef économiste de la Banque mondiale pour l'Asie de l'est et le Pacifique, lundi.

Ces prévisions peuvent être remises en cause par une reprise moins soutenue que prévu des échanges commerciaux internationaux et par une brusque remontée des taux d'intérêt dans le monde, poursuit l'organisme du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant que son hypothèse de fond est celle d'une normalisation sans à coup de la politique monétaire des Etats-Unis.

La Banque mondiale prévoit pour la Chine une croissance de 7,4% cette année, de 7,2% en 2015 et de 7,1% l'année suivante contre 7,7% en 2013. Elle anticipait auparavant 7,6% en 2014 et 7,5% en 2015 et 2016.

"Les mesures prises pour endiguer la dette régionale, assainir la banque occulte (shadow banking) et traiter les capacités excédentaires, la forte demande d'énergie et une pollution élevée réduiront l'investissement et la production industrielle", explique l'établissement à propos de la Chine.

La croissance économique de la Chine a ralenti au premier trimestre à son rythme le moins soutenu en 18 mois. Ce dont Pékin dit s'accommoder dans la mesure où l'Etat chinois veut rendre son économie moins dépendante de l'investissement et de l'exportation au bénéfice de la consommation intérieure.

Mais le ralentissement du secteur immobilier se fait de plus en plus sentir sur l'évolution de l'ensemble de l'économie, poussant Pékin et les gouvernements régionaux à tenter de relancer la dynamique.

Interrogé sur les répercussions économiques des manifestations de Hong Kong sur l'économie chinoise, Shetty a répondu qu'elles étaient pour l'instant limitées.

Hors Chine, la croissance de la région Asie de l'est-Pacifique est attendue à 4,8% en 2014 contre 5,2% en 2013, tassement imputable au ralentissement des économies d'Indonésie et de Thaïlande. La croissance devrait remonter à 5,3% en 2015.

La Banque mondiale remarque enfin que la région Asie de l'est-Pacifique dans son ensemble est à présent moins exposée au risque de renversement des flux de capitaux mais elle ajoute que l'Indonésie en particulier reste relativement vulnérable en raison de ses besoins de financement externe élevés à court terme.

Les marchés pensent que la Réserve fédérale américaine va amorcer une remontée des taux d'intérêt l'an prochain et risque de poursuivre ce cycle de durcissement monétaire avec plus d'intensité qu'on ne le croit actuellement, au risque de provoquer des sorties de capitaux massives et déstabilisantes pour certaines des économies de la région.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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